Union européenne. Laszlo Kovacs, commissaire européen à la Fiscalité, fait savoir qu’il est «naturellement satisfait» et que «tout ce qui va dans le sens de l’échange d’informations fiscales est bienvenu». Un porte-parole de la Commission européenne espère que «les propositions désormais sur la table seront rapidement mises en application». Gordon Brown salue les mesures annoncées par différents pays, dont la Suisse, comme «un véritable progrès qui représente le début de la fin des paradis fiscaux». Le porte-parole du ministre allemand des Finances Peer Steinbrück «prend note avec intérêt», mais souligne que «de nombreuses promesses faites par le passé n’ont pas été tenues».

OCDE. L’organisation dont le modèle de convention fiscale sera adopté par la Suisse parle de «réels progrès».

Milieux économiques. Economiesuisse salue le fait que le gouvernement «souhaite préserver les fondements du secret bancaire». L’organisation exige «un traitement identique pour toutes les places financières concurrentes, de Londres à l’Etat américain du Delaware, en passant par Jersey ou Singapour, qui doivent inclure les règles suisses de lutte contre le blanchiment d’argent et celles liées à l’identification du client». L’USAM pense qu’ainsi la Suisse «évitera de se retrouver sur des listes noires de pays fiscalement non coopératifs». Parmi les banquiers, l’ASB approuve la décision du Conseil fédéral. Elle estime que «le secret professionnel du banquier suisse demeure garanti pour les clients étrangers qui n’ont rien à se reprocher» et que l’entraide administrative reste soumise à des conditions «claires et strictes». L’Association des banquiers privés parle de solution «acceptable» même si la Suisse renonce à une partie de son secret bancaire.

Milieux politiques. L’UDC fustige le Conseil fédéral qui «compromet des milliers d’emplois après avoir cédé à un chantage grossier». Le PLR veut faciliter la création de trusts et réviser le droit de timbre pour «garantir la compétitivité de la Suisse dans la gestion de fortune», et demande au Conseil fédéral «d’adopter une ligne plus dure durant les négociations». Le PS exige «une stratégie offensive», via une réglementation multilatérale. Selon lui, le Conseil fédéral, «encore aujourd’hui, privilégie une stratégie plus passive qu’offensive».

André Gavillet, 85 ans, combattant socialiste contre le secret bancaire, juge «déshonorant de devoir suivre le Liechtenstein et Andorre». Il trouve «pénible de voir la Suisse mise au banc des accusés». Il doute de la solidité juridique de la décision de préserver un strict secret bancaire pour les contribuables en Suisse. «La double incrimination est biaisée. Cette position n’est pas tenable. Je ne vois pas pourquoi les Suisses devraient être protégés.» L’approche du gouvernement, via la négociation des conventions de double imposition, pays par pays, lui paraît vouée à l’échec. «L’Union européenne demandera le même traitement pour tous ses membres.»