Pour la CTSO, qui regroupe les directeurs des transports des cantons de Berne, Fribourg, Genève, Jura, Neuchâtel, Valais et Vaud, l’absence de deux options d’extension «laisse toutefois un goût amer». L’achèvement du tunnel de base du Lötschberg et l’amélioration de la ligne entre Bienne et Bâle via Delémont sont une fois de plus recalés en file d’attente, déplore-t-elle.

Quant aux solutions de financement, «elles ne décollent toujours pas», alors même que pour les cantons, seul le paquet à 21 milliards entre en ligne de compte. Pour la CTSO, le projet Rail 2030 n’est pas seulement un programme de développement du rail. C’est aussi un programme de repêchage de mesures nécessaires qui n’ont pu être réalisées dans le cadre de Rail 2000, première et deuxième étape (ZEB).

S’agissant du financement, la CTSO rejette «les transferts de charges plus ou moins déguisés». Il appartient clairement à la Confédération de proposer des solutions pour le paquet à 21 milliards, «un minimum en regard de l’ampleur des mesures à réaliser».

Lötschberg saturé

OUESTRAIL, association de défense des intérêts ferroviaires de Suisse occidentale, juge que le projet «va dans la bonne direction». Elle note cependant comme la CTSO que le tunnel de base du Lötschberg est déjà pratiquement saturé.

Par souci d’économies, un tiers seulement des 35 kilomètres de la longueur totale du tunnel a été aménagé à double voie. Devant le succès de cette ligne, l’aménagement complet à deux voies s’impose. Il faut donc au minimum terminer les 15 kilomètres déjà creusés mais non équipés entre Ferden et Mitholz, selon OUESTRAIL.

Quant à la liaison Bienne – Bâle via Delémont, qui dessert une capitale cantonale, ses caractéristiques actuelles ne permettent pas l’introduction de l’horaire à la demi-heure, privant toute une région de l’atout que constitue une bonne desserte ferroviaire.

Comme le veut la décision prise par le Parlement en 2009, Rail 2030 doit être financé par de nouvelles ressources. Et non «en détournant de l’argent déjà affecté aux transports publics ou par des transferts de charges au détriment des finances cantonales».