Un à un ils se sont installés face à la presse et à leur bilan, et sur leurs visages, une satisfaction. Les sept conseillers d’Etat vaudois présentaient mercredi le constat de la première législature complète à majorité de gauche de l’histoire du gouvernement. Au bout de la table, Nuria Gorrite et Pascal Broulis se taquinent comme deux enfants. Plus loin, Béatrice Métraux glisse à Philippe Leuba: «Pousse-toi, fais-moi un peu de place». Anne-Catherine Lyon apparaît inhabituellement sereine et décontractée, le poids du pouvoir en moins, sans doute. Le président du gouvernement, Pierre-Yves Maillard, prend la parole. Sans cravate, naturellement.

«Nous avons su éviter les blocages grâce à l’utilisation de compromis sans pour autant choisir le plus petit dénominateur commun», présente fièrement le socialiste. «Grâce à ce dynamisme nous avons amélioré les relations financières entre canton et communes, et assaini la caisse de pension de l’Etat de Vaud. Nous avons fait passer la réforme vaudoise de l’imposition des entreprises ainsi que la nouvelle loi sur le logement dans un contexte économique incertain et face à une explosion démographique».

La PLR Jacqueline de Quattro énumère ses réalisations. Parmi les plus importantes, la mise en oeuvre de la stratégie de sortie du nucléaire et pour cela, une loi pionnière en Suisse exigeant que les nouveaux bâtiments couvrent 20% de leurs besoins en électricité. Elle déplore toutefois «des résistances impressionnantes» dans le canton lorsque l’on parle de consommation d’énergie plus raisonnable.

Dernier bilan d'Anne-Catherine Lyon

À l’occasion de son troisième et dernier bilan de législature, Anne-Catherine Lyon évoque l’évolution du cadre légal en matière de formation et les ressources mises en place pour faire face aux 5000 élèves de plus en quatre ans. La validation des acquis pour entrer dans les hautes écoles a été pour la ministre un combat important. Elle ne s’attarde par contre pas sur la loi sur l’enseignement obligatoire (LEO) tant critiquée par les enseignants.

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Béatrice Métraux, l’écologiste du gouvernement, peut se prévaloir d’avoir fait passer deux lois dans son département: Sauver-Lavaux, «pour un Lavaux protégé mais vivant», accepté en votation en 2014 et son paquet logement (LPPPL) en début d’année. Responsable de la sécurité, elle se félicite du taux de criminalité qui a baissé d’un quart depuis 2014, mentionne également que, pour contrer le terrorisme, ses effectifs ont doublé et la prévention contre la radicalisation bat son plein.

Agir sur la hausse des coûts de la santé

«Nous avons tous le sentiment d’avoir bien travaillé, c’est le climat au sein de notre groupe qui nous l’a permis et c’est précieux», reprend Pierre-Yves Maillard. «En l’espace d’une décennie, l’équivalent d’une ville s’est installé dans le canton. On a parfois le regret de ne pas en avoir fait assez pour l’intérêt général». Le ministre promet d’agir sur la hausse des coûts de la santé.

Sa collègue socialiste Nuria Gorrite parle mobilité, désenclavement des régions et se réjouit de la place qu’ont pris les métropoles lémaniques dans les dossiers fédéraux. Elle déplore par contre les blocages des procédures qui freinent parfois l’avancement des chantiers. «Dans les dossiers urgents, l’intérêt général devrait pouvoir primer».

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Pascal Broulis et Philippe Leuba, respectivement chef des finances et chef de l'économie, terminent leur seconde législature consécutive sans exercices excédentaires et qualifient leur économie de «diversifiée». La solidité financière et économique du canton a, selon les ministres PLR, résisté à cinq ans de majorité de gauche.