«Un afflux de skieurs plus important sur les pistes engendre forcément plus d’accidents.» Chef des guides auprès d’Air Glaciers, Pascal Gaspoz sait que la période de vacances actuelle, comme toutes les relâches en général, est synonyme d’activité plus intense pour les compagnies de sauvetage du pays. Durant cette période, elles prendront en charge une partie des quelque 76 000 personnes, adeptes de ski ou de snowboard, qui se blessent, chaque année, sur les domaines skiables helvétiques.

Lire aussi: En Suisse, forte hausse des accidents mortels en montagne en 2018

Si la majorité de ces blessés ne sont pas acheminés vers un hôpital par hélicoptère, les évacuations par les airs se comptent tout de même en milliers chaque hiver. Depuis le début du mois de décembre, la Rega, la garde aérienne suisse de sauvetage, est intervenue lors de 850 accidents de sports d’hiver. Ce chiffre s’élève à 530 pour la base sédunoise d’Air Glaciers. «En moyenne, nous effectuons une vingtaine de sauvetages par jour au départ de Sion. Ce chiffre évolue compte tenu de la météo, des conditions de neige ou de la fréquentation des pistes», détaille Pascal Gaspoz.

Combien coûtent ces interventions?

Le coût varie en fonction de trois critères, souligne Emilie Pralong, porte-parole de la Rega: «la durée de la mission, les frais de transport (pilote, ambulancier, hélicoptère) et les prestations du médecin d’urgence». A une tarification d’environ 100 francs la minute de vol, la facture peut s’envoler rapidement. Dans une zone facilement accessible en Suisse, la fourchette varie, par exemple, entre 2500 et 3500 francs.

Qui endosse ces coûts?

Tout dépend de la situation de la personne accidentée. Pour les employés, c’est l’assurance accidents de leurs employeurs qui prendra en charge la totalité de ces frais. Par contre, pour les enfants, les retraités ou les personnes sans activité professionnelle, c’est l’assurance maladie obligatoire qui s’en chargera, après déduction de la franchise et de la quote-part. «L’assurance obligatoire des soins prend en charge le 50% des frais de sauvetage en Suisse. Le montant maximum est de 5000 francs par année civile», précise Pascal Vuistiner. Le responsable relations médias romands du Groupe Mutuel ajoute que «certaines assurances complémentaires permettent de couvrir les frais non pris en charge».

Les cartes de donateurs des différentes compagnies de sauvetage, que ce soit la Rega, Air Glaciers ou Air Zermatt, offrent également une prise en charge d’une partie ou de la totalité des frais qui ne sont pas couverts par les assurances. «La collaboration avec les deux autres organisations fonctionne et joue dans les deux sens, avec une prise en charge mutuelle des coûts», souligne Emilie Pralong, qui insiste toutefois sur le fait que la Rega n’est pas une assurance. Tout comme ne le sont pas Air Glaciers et Air Zermatt.

Si ces compagnies de sauvetage peuvent, à titre de remerciement pour leur aide, dispenser entièrement ou en partie les donateurs des frais d’intervention lorsque aucune assurance n’est tenue de les prendre en charge, c’est parce qu’elles sont susceptibles d’assumer leur mission uniquement grâce à ce soutien. Pour la Rega par exemple, les dons des quelque 3,5 millions de donateurs couvrent plus de 62% du budget annuel, qui s’élève à environ 166 millions de francs.

Et si l’accident se produit à l’étranger?

A ce moment-là, la donne change. «L’assureur maladie ne prendra pas en charge les coûts, car le point 2 de l’article 27 de l’Ordonnance sur les prestations de l’assurance des soins stipule bien «frais de sauvetage en Suisse», indique Pascal Vuistiner. Il précise que «seules certaines assurances complémentaires permettent de couvrir ces frais. Il est dès lors important de bien vérifier ses couvertures d’assurance avant le voyage.»

Les donateurs des compagnies de sauvetage pourraient, quant à eux, se voir rembourser une partie des frais. «La Rega prend en charge et dans la mesure de ses possibilités la part des frais non couverts par les assurances pour les prestations qu’elle-même fournit, mais pas les prestations de tiers, comme les frais médicaux, les soins hospitaliers ou les transports en ambulance», indique Emilie Pralong.