Dans le guide Institutions politiques suisses (Ed. LEP), un dessin de Mix & Remix montre un hamburger. La légende indique que la tranche de pain arrondie figure la Coupole, tandis que, dessous, les deux steaks incarnent le Conseil national et celui des Etats. «Nous nous sommes inspirés du modèle américain» commente un bonhomme. C'est bien l'origine du Conseil des Etats, objet des plus vives batailles ces prochaines semaines: une Chambre dédiée aux cantons, à l'image du Sénat outre-Atlantique. Le pendant de la Chambre du peuple, le National (le Congrès là-bas). Par assimilation, on désigne d'ailleurs les conseillers aux Etats comme des «sénateurs». Manière de relever le caractère velouté des Etats, censé être l'enceinte de débats sereins.

Ce qu'elle est, en fait, de moins en moins. Et certains grommellent: à l'heure de la montée en puissance des villes, faut-il vraiment maintenir une Chambre affectée également à des cantons aux réalités si diverses?

On apprend par ailleurs que ce Conseil est surnommé «Stöckli». Le même terme qu'au jass, et qui vient de la tradition rurale bernoise: le Stöckli était le cabanon que les fils ayant pris le contrôle de la ferme familiale réservaient à leurs parents. La chambrette des aînés, en somme. Ce qui jette un autre éclairage sur ces feutrés Etats.