La conseillère fédérale se trouvait à Bruxelles jeudi pour le Comité mixte Schengen, très largement consacré à la situation en Afrique du Nord. «Cette situation extraordinaire aura de grands effets, a expliqué la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP). Il est important de ne pas avoir que des inquiétudes, mais aussi de montrer notre solidarité aux peuples qui souffrent et se battent pour la démocratie.»

Simonetta Sommaruga a confirmé avoir eu un entretien bilatéral avec son homologue italien, Robert Maroni, qui, lui, s’est montré beaucoup plus alarmiste, redoutant que la Libye ne devienne «un nouvel Afghanistan aux portes de l’Europe».

Concrètement, la Confédération a confirmé son accord pour participer aux opérations de l’agence Frontex dans les pays riverains de la Méditerranée. Le corps des gardes-frontière enverra lundi deux experts en Italie (lire ci-dessus). Un troisième expert est disponible sur demande. Une trentaine de gardes-frontière sont mobilisables. «Nous sommes en seconde ligne, en tant que pays frontalier de l’Italie, a expliqué Simonetta Sommaruga. Même si la discussion n’a pas directement porté sur les moyens logistiques et financiers, j’ai réaffirmé lors des débats la solidarité de la Suisse face au risque d’arrivées massives d’immigrants.»

Pas de scénario catastrophe

La conseillère fédérale a refusé d’échafauder des scénarios catastrophes: «Lancer des chiffres ne fait aucun sens. On ne sait pas très bien à quoi l’Italie, Malte, la Grèce ou l’Espagne devront faire face. Ce qu’il faut, c’est s’assurer que Frontex (l’agence européenne de protection des frontières extérieures de l’espace Schengen) et Europol (l’agence de coordination policière de l’UE) sont bien préparés. Je pense que c’est le cas.»

La Suisse a participé, jeudi, à une conférence de l’UE sur l’aide à l’Afrique du Nord. Simonetta Sommaruga a cité, comme priorité, l’appui à la Tunisie et à l’Egypte, où affluent des vagues de déplacés en provenance de Libye. Les ministres ont aussi souligné l’importance de la lutte contre la criminalité organisée, toujours prête à profiter de la situation. «Mais cela ne doit pas, a-t-elle expliqué, masquer la réalité: il y aura, parmi ces émigrés, des personnes ayant besoin de protection. Nous ne devons pas l’oublier.»