Il faut traverser Unteriberg sur toute sa longueur pour atteindre le restaurant de l’Alpenblick, tapi dès la mi-octobre dans l’ombre de la paroi rocheuse qui borde la petite commune alpine du canton de Schwytz. A l’arrière-plan, les cimes enneigées du Hoch-Ybrig sont irradiées par un soleil lointain. Dans ce décor en clair-obscur, rendez-vous est pris avec trois pontes de l’UDC locale, le conseiller national Marcel Dettling, le député au Grand Conseil schwytzois Dölfi Fässler et le vice-président de la commune, Hanspeter «Hampi» Hohl.

Le premier, 39 ans, papa de trois jeunes enfants et paysan dans la commune voisine d’Oberiberg, était pressenti pour reprendre la présidence de l’UDC. C’était compter sans les appels répétés des deux aînés, déterminés à faire comprendre à cette étoile montante du parti que l’opportunité était prématurée. Regards complices, l’affaire est close. Marcel Dettling renoncera à briguer ce mandat chronophage, se contentant de codiriger la campagne pour l’initiative de l’UDC visant à mettre fin à la libre circulation des personnes avec les pays de l’Union européenne (UE). Le fait que les Suisses aient balayé à plus de 60% cette proposition passe sur leurs visages comme une ombre furtive, chassée par le scrutin jubilatoire de leur commune. Le 27 septembre, les citoyens d’Unteriberg plébiscitaient le texte UDC à 84%, un record national. «Bien sûr que je suis déçu. Mais je suis surtout heureux que ma patrie ait voté juste. On aurait besoin de plus de citoyens d’Unteriberg dans toute la Suisse», sourit Marcel Dettling.