«L’explosion de cas à Schwytz est actuellement l’une des pires de toute l’Europe», a déclaré le médecin-chef Reto Nüesch dans un message diffusé sur la page d’accueil de l’hôpital cantonal. A la limite de sa capacité, l’établissement appelle la population à porter le masque et à éviter tout rassemblement de personnes. En début de semaine, les autorités faisaient part de 94 cas positifs en vingt-quatre heures, soit le record absolu en terres schwytzoises depuis le début de la crise.

Des cas positifs dans le chœur

Fin septembre se tenaient deux représentations d’un spectacle de yodel au MythenForum, une salle polyvalente du chef-lieu pouvant accueillir jusqu’à 572 personnes. Questionné par la SRF, son directeur général, Beat Hegner, a assuré que «les mesures sanitaires cantonales [à l’époque plus permissives que dans d’autres cantons] y étaient appliquées». Mais quelques jours après la manifestation, plusieurs personnes appartenant au chœur ont été testées positives au coronavirus. L’événement pourrait être à l’origine du foyer infectieux schwytzois.

Interrogé par le Blick, Sepp Trütsch, légende de la musique folklorique outre-Sarine et habitant de la région, s’est dit «outré» par le comportement «irresponsable» des participants. «C’est de leur faute. Ils agissent sans penser à la suite. Presque personne ne porte de masque ici», a-t-il déclaré, étonné du maintien de la manifestation. Le chanteur a également observé que les personnes âgées n’étaient pas plus sensibles que les jeunes au risque de contamination.

Nouvelles mesures

Pour faire face à la propagation du covid, le gouvernement du canton a annoncé mardi l’introduction de l’obligation du port le masque, dès vendredi, dans tous les événements réunissant plus de 50 personnes. Cette obligation est étendue aux événements plus petits ainsi qu’aux établissements publics si la distance sociale ne peut y être garantie. Schwytz renonce en revanche à une obligation générale du port du masque dans les commerces, où il n’y aurait aucun signe d’infections fréquentes, selon son communiqué.

A travers sa porte-parole, l’hôpital cantonal dit déplorer cette réaction «trop tardive et trop peu conséquente». Actuellement, 30 à 40% des tests réalisés dans l’hôpital sont positifs, précise l’établissement. Le nombre de cas constatés augmente très fortement depuis dix jours dans la région centrale du canton, entourant le chef-lieu. Si la tendance se poursuit, les patients ne pourront plus être soignés sur place. Sepp Trütsch, appartenant au groupe de personnes à risque, s’est dit favorable à l’obligation générale du port du masque.