Rachid Hamdani, retenu en Libye durant 19 mois, a passé la frontière tunisienne durant la nuit, a dit à l’ATS son avocat français Maître Emmannuel Altit. Le double national (suisso-tunisien) est «en sécurité».

«Nous sommes tout à fait heureux pour lui et pour sa famille, mais nous ne serons totalement satisfaits que lorsque Max Göldi aura rejoint sa famille», a dit Emmanuel Altit. L’avocat n’a pas souhaité préciser où se trouve exactement Rachid Hamdani, ni quand il retournera en Suisse.

Selon un journaliste de l’AFP à Tripoli, Rachid Hamdani, vêtu d’une chemise à carreaux et d’une veste bleue, a quitté la capitale libyenne lundi vers 23h00 dans une voiture de l’ambassade de Suisse. Il a été salué à son départ par des diplomates autrichiens, suisses, espagnols et allemands, qui lui ont souhaité un «bon voyage vers la Tunisie», pays dont les frontières sont situées à 170 km de Tripoli.

Son épouse interrogée dans les journaux de la matinale de la Radio suisse romande a bien voulu confirmer qu’elle avait pu parler avec son mari hier soir au téléphone, et qu’il était ce matin «hors de Libye», sans vouloir confirmer s’il était effectivement en Tunisie. «Il y a eu trop de confusion hier» regrette-t-elle: hier en effet, l’avocat tunisien de Rachid Hamdani avait un temps annoncé que son client avait quitté la Libye, alors qu’il s’est avéré plus tard qu’il était toujours à Tripoli. C’est le DFAE qui devrait communiquer les prochaines informations officielles concernant le sort de M. Hamdani.

Tripoli satisfaite du dialogue avec la Suisse

La Libye s’est félicitée mardi de ce que la Suisse ait «écouté» ses demandes concernant les deux otages helvétiques retenus en Libye. Max Göldi pourra désormais faire valoir ses droits devant la justice de Tripoli, estime-t-elle.

«La Suisse a cédé, écoutant notre avertissement, et a livré le Suisse accusé aux mains de la police judiciaire», titre triomphalement l’agence officielle Jana dans une dépêche diffusée mardi matin. Dans ce texte, l’agence cite le ministre libyen des affaires étrangères Moussa Koussa, qui affirme: «c’est bien que la Suisse ait écouté nos demandes, dans l’intérêt de ses ressortissants, et qu’elle ait cessé de les cacher dans son ambassade» à Tripoli.

«Maintenant, finalement, le Suisse condamné (Max Göldi) pourra utiliser son droit à recourir devant la Cour suprême. Mais la chose importante pour nous, c’est d’avoir souligné notre désir d’appliquer la loi», ajoute-t-il.

Dans un communiqué diffusé mardi matin, le groupe technologique ABB, pour lequel travaille Max Göldi, a confirmé que son employé s’est rendu en prison. «Nous espérons que cette situation puisse être résolue le plus vite possible», écrit-il.

La famille de Max Göldi a également réagi dans un communiqué à la libération de Rachid Hamdani. Elle se dit en revanche «profondément attristée» que Max Göldi n’ait pas encore pu retourner chez lui. Mais «nous sommes entièrement confiants qu’une solution sera trouvée bientôt pour lui permettre à lui aussi de retourner dans sa famille», poursuit le texte. La famille de Max Göldi lui souhaite «beaucoup de courage pour les prochains temps».