Valais

Sébastien Fanti: «On ne me verrait pas partout si mes recommandations étaient suivies»

Malgré les critiques, le remuant délégué valaisan à la protection des données et à la transparence a finalement été reconduit à son poste, où il était le seul candidat

Il n’y avait pas beaucoup de suspense ce jeudi au Grand Conseil valaisan, au moment de choisir le préposé cantonal à la protection des données et à la transparence pour la période 2019-2022. Seul en lice, après le retrait de tous les autres candidats, Sébastien Fanti a été réélu tacitement à son poste, malgré plusieurs critiques.

Lire à ce propos: Sébastien Fanti pourrait perdre son poste de préposé

Sébastien Fanti, la majorité des députés vous reprochent votre omniprésence dans les médias.

Je ne serais pas dans les médias si mes recommandations étaient suivies. Ceux qui ne suivent pas les conseils qu’on leur donne et qui, ensuite, se plaignent du fait que les affaires qui passent devant les tribunaux sont médiatisées doivent s’en prendre à eux-mêmes. Si nous n’avions pas eu tous ces problèmes pendant quatre ans, avec des autorités qui traînent les pieds pour rendre publiques des informations auxquelles les citoyens ont le droit, jamais nous n’aurions eu une telle médiatisation. La médiatisation est prioritairement liée aux dossiers, pas aux personnes. Je comprends toutefois que cela puisse énerver de voir toujours les mêmes têtes dans les médias, mais il faut que les gens comprennent qu’il y a un aspect positif à toute cette communication. Le citoyen a été sensibilisé à la protection des données et à la transparence. Je fais toutefois des efforts pour m’améliorer et je m’engage à faire des efforts encore plus importants, mais même ma femme n’arrive pas à me faire changer (rires).

Je pense que mon allemand ne pose pas de problème, puisque j’ai pu suivre les débats et comprendre les critiques qui m’étaient adressées

Sébastien Fanti

Autre reproche à votre encontre, vos aptitudes en allemand sont trop limitées pour un canton bilingue comme le Valais.

L’erreur vient du fait que je n’ai pas pu disposer du budget de traduction, dont je n’avais pas connaissance. Nous avons, à cet égard, effectué des correctifs. Je pourrais bénéficier d’un très grand nombre de traductions, sur la base d’un budget annuel de 25 000 francs. A l’oral, je pense que mon allemand ne pose pas de problème, puisque j’ai pu suivre les débats et comprendre les critiques qui m’étaient adressées. Mon père étant de langue maternelle allemande, la critique me surprend un peu. Mais je l’entends et je vais améliorer cela. Je vous signale du reste que mon prédécesseur ne maîtrisait pas les deux langues.

Plusieurs élus, haut-valaisans notamment, se demandent s’il ne serait pas idéal de créer deux demi-postes de préposé, un par région linguistique.

Le Haut-Valais représente 15% des requêtes totales, le nombre de dossiers ne justifie donc pas un poste à mi-temps. Lorsque j’entends que l’on n’a pas consacré assez de temps au Haut-Valais, je suis également étonné: l’affaire du mercure concerne la partie germanophone du canton et nous y avons consacré beaucoup d’heures. Mais je vais probablement engager une collaboratrice, soit haut-valaisanne soit suisse alémanique, pour donner satisfaction à ces critiques.

Publicité