La nomination de Pascale Baeriswyl au poste de secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères en septembre 2016 avait surpris. Elle n’était pas la favorite. Mais elle s’était imposée lors des phases de sélection, avait déclaré le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) de l’époque, Didier Burkhalter. Elle avait notamment devancé celui qui était alors son supérieur à la Direction du droit international public, l’ambassadeur Roberto Balzaretti. Comme il avait dirigé précédemment la Mission suisse à Bruxelles, le Tessinois paraissait mieux armé pour gérer le dossier des relations Suisse-UE, qui était – il l’est toujours – le plus brûlant du moment.

La désignation de la diplomate bâloise mettait cependant un terme à une anomalie, qui avait vu deux secrétaires d’Etat cohabiter au DFAE: Yves Rossier, nommé par Didier Burkhalter quelques années plus tôt, et Jacques de Watteville, appelé à la rescousse pour s’occuper personnellement des négociations avec l’UE. Yves Rossier est devenu ambassadeur à Moscou. Et quand Jacques de Watteville a pris sa retraite, Pascale Baeriswyl a repris la responsabilité de tous les dossiers du département.

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Cette concentration des compétences n’a toutefois pas survécu au changement de ministre. En février 2018, trois mois après son arrivée à la tête du DFAE, Ignazio Cassis a nommé Roberto Balzaretti à la tête de la Direction des affaires européennes (DAE), avec le titre de secrétaire d’Etat. Le Tessinois fut chargé de coordonner l’ensemble des négociations avec l’UE, tâche qui fut retirée à Pascale Baeriswyl. La Bâloise avait «assez à faire avec le reste du monde», justifiait alors Ignazio Cassis. Mais on retrouvait ainsi la structure bicéphale à laquelle Didier Burkhalter avait voulu mettre un terme.

«Le poste n’est pas mis au concours pour l’instant»

Agée de 51 ans, Pascale Baeriswyl s’apprête désormais à partir à New York. Elle quittera son poste de secrétaire d’Etat à la fin de l’année et deviendra cheffe de la Mission suisse auprès de l’ONU au printemps 2020. Elle aura deux gros défis à relever: les candidatures de la Suisse pour un siège au Conseil économique et social en 2020-2021 et un autre au Conseil de sécurité en 2023-2024. Pascale Baeriswyl explique sa motivation par son envie de s’engager pour le multilatéralisme.

L’ancien ambassadeur François Nordmann regrette, sur Twitter, le départ de Pascale Baeriswyl, mais il souligne que c’est ainsi la «fin d’une situation absurde née de la coexistence entre la titulaire et le directeur de la division Europe, lui-même secrétaire d’Etat à titre personnel». Mais sera-ce bien le cas? N’y aura-t-il plus qu’un seul secrétaire d’Etat au DFAE? «Cela dépendra des décisions que le Conseil fédéral prendra, en fin d’année ou au début de l’an prochain, pour sa stratégie de politique étrangère 2020-2023, en cours d’élaboration», répond Ignazio Cassis. «Pour l’instant, le poste n’est pas mis au concours», ajoute-t-il, en précisant que c’est la secrétaire d’Etat suppléante Krystyna Marty Lang - qui avait dû renoncer à devenir ambassadrice à Moscou pour laisser la place à Yves Rossier en 2016 –, qui assurera l’intérim.