Les trois autres partis gouvernementaux ont déjà présenté les bases de leur politique d'intégration. Passage en revue des différentes recettes:

- Le PDC: Les démocrates-chrétiens se sont focalisés jusqu'à maintenant sur l'intégration des musulmans de Suisse. Ils ont pris position sur le sujet au début de l'année dans un document qui pourrait porter le titre: «Oui à l'intégration, mais dans un cadre strict». Le parti appelle les musulmans à se distancier des islamistes. Au chapitre de la vie quotidienne, le foulard doit être interdit aux enseignantes, mais toute femme musulmane peut être libre de le porter si cela répond à ses convictions. Ce qui n'est pas le cas de la burka. L'égalité entre les hommes et les femmes doit être garantie, alors pas question d'accorder des dispenses de gymnastique aux filles par exemple. Le PDC assène aussi qu'il n'y a en Suisse pas de place pour la charia et que l'Etat doit primer sur toutes les religions, ce qui ne doit pas empêcher les musulmans de pratiquer librement leur religion.

- Le PRD: Sous le slogan «La Suisse de l'ouverture», les radicaux promeuvent une place pour chacun dans la société helvétique. Les étrangers bien sûr, mais aussi les jeunes et les personnes âgées. Pour le parti, l'intégration passe par une participation active de tout le monde au marché du travail, à la société civile ou encore par le droit à une formation solide. Intégrer les étrangers signifie aussi leur donner l'opportunité de participer à la vie politique du pays en étendant leurs droits civiques. Les radicaux misent sur l'apprentissage des langues nationales et sur une souveraineté claire de l'Etat de droit. Leur position sur le cas particulier des musulmans ressemble à celle du PDC.

- L'UDC: Pour l'UDC, le contrôle strict de l'immigration suffit à intégrer les «bons» étrangers en Suisse. On peut parler d'intégration par la sélection.

Mais la droite dure propose aussi de durcir le droit à la naturalisation. Chaque candidat au passeport devrait signer un contrat dans lequel il s'engage à respecter l'ordre juridique et les principes sociaux et culturels du pays. En cas de non-respect de ces normes, la nationalité suisse pourrait leur être retirée. Le parti aimerait aussi durcir les sanctions envers les étrangers qui ne respectent pas les lois suisses et les punir d'expulsion. Sur le sujet plus précis des musulmans, l'UDC ne fait aucune concession. Les règles doivent être les mêmes pour tout le monde. Les démocrates du centre leur refusent le droit d'ériger des minarets et font de cette problématique leur publicité pour montrer les limites de l'intégration.