Alors que l’incendie qui ravage les archives stockées dans les locaux de l’entreprise Secur’Archiv à Lausanne devrait être maîtrisé aujourd’hui, on commence à s’interroger sur les conditions de stockage des documents partis en fumée. La question a été soulevée par Jean-Luc Berney, dans l’édition de 24 heures d’hier. Le responsable de l’intervention des pompiers s’interrogeait sur le fait que les locaux d’entreposage n’étaient pas cloisonnés. En effet, le lieu ravagé par les flammes mesure plus de 4000 mètres carrés. Et les documents y sont rangés dans des armoires métalliques à moteur, cause probable de l’incendie.

Pas d’obligation légale

Or, selon l’Etablissement d’assurance contre l’incendie et les éléments naturels du canton de Vaud (ECA), le stockage d’archives ne demande pas de précaution particulière contre les sinistres. «Il n’y a pas de produits inflammables ni d’activité qui pourrait constituer un risque de feu», assure Marc-Olivier Burdet, directeur de la division prévention de l’ECA. Cette dernière prévoit que les locaux qui ont une surface supérieure à 2400 mètres carrés doivent faire l’objet d’une analyse des risques. «Nous évaluons si des mesures supplémentaires doivent être prises, comme l’installation d’un système d’extinction automatique. Mais nous ne pouvons pas forcer les entreprises à prendre des mesures de prévention qui vont au-delà du cadre légal: celui-ci n’oblige pas, par exemple, à cloisonner les surfaces importantes», explique Marc-Olivier Burdet. Il reconnaît toutefois que les grands espaces sont un facteur aggravant pour les incendies.

Un élément qui a été pris en compte par les Archives cantonales vaudoises. L’institution, qui assure la sauvegarde de documents rangés sur 27 kilomètres de rayonnages, a cloisonné son espace de stockage afin de limiter les risques. «Il y a 23 cellules de 256 mètres carrés. De plus, nos locaux sont étanches et les rayonnages mobiles sont manuels», explique Christian Gilliéron, adjoint à la direction des Archives. Pour lui, il est toutefois difficile de faire une comparaison avec la situation de Secur’Archiv: «Notre bâtiment a été spécialement conçu pour l’archivage, ce qui n’est probablement pas le cas de celui de cette entreprise.»

Pour Pierre-Alain Rattaz, porte-parole de Secur’Archiv, toutes les précautions ont été prises: «Nous avons été audités plusieurs fois et la surface de stockage n’a jamais été remise en question. Dans les exemples que je connais, ce sont des espaces bien plus grands, de 15 000 ou 20 000 mètres carré, qui nécessitent d’être cloisonnés. Et, même dans ce cas-là, les surfaces sont supérieures à celles de notre entreprise.»