Difficile de ne pas comparer la Suisse et l’Autriche, tant les deux voisins partagent des points communs. De populations comparables – 8,6 millions pour la Suisse, 8,9 pour l’Autriche – les deux pays alpins sont neutres et ne font pas partie de l’OTAN. Mais lorsqu’on s’intéresse à la sécurité aérienne, les différences entre les deux Etats sont frappantes.

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder la taille de leurs flottes actuelles. L’Autriche compte aujourd’hui 15 avions d’entraînement, les Saab 105 OE, utilisés depuis 1970, et 15 Eurofighter de tranche 1, achetés en 2003. La Suisse possède aujourd’hui le double d’avions de combat, alors que son territoire est deux fois moins vaste que celui de son voisin. «Les deux pays ont des ambitions différentes: celle de la Suisse est de faire de la défense aérienne, l’Autriche, elle, dit que sa mission est la surveillance aérienne, explique Michael Bauer, porte-parole du Ministère de la défense autrichien. Cela est lié au fait que l’Autriche considère qu’une attaque d’un pays ennemi, qui amènerait à une défense nationale au sol comme dans les airs, est très peu probable. Nous n’avons jamais eu le nombre d’avions qui permette une défense de l’espace aérien sur une longue période, nous avons toujours uniquement suivi l’approche de la surveillance aérienne.»