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Pour Johann Schneider-Ammann, l’arrêté qui fait office de contre-projet direct à une initiative de l’Union suisse des paysans (USP) garde toute sa raison d’être bien qu’il n’ait pas de conséquences pratiques immédiates.
© Keystone/Anthony Anex

Agriculture

Sécurité alimentaire: un vote pour du beurre

Le concept de «sécurité alimentaire» doit-il être ancré dans la Constitution? La question sera posée aux Suisses le 24 septembre. Le ministre Johann Schneider-Ammann lance la campagne avec un intérêt poli

En présentant l’arrêté fédéral sur la sécurité alimentaire, qui sera soumis au vote le 24 septembre prochain, le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a bien dû l’admettre: «Il n’est pas prévu que nous fassions d’importantes modifications de lois ces prochaines années en cas de oui». Autrement dit, l’arrêté qui fait office de contre-projet direct à une initiative de l’Union suisse des paysans (USP) n’aura pas de conséquences pratiques immédiates.

A quoi sert-il dès lors? Selon Johann Schneider-Ammann, il garde toute sa raison d’être parce qu’il permet d’ancrer un concept global de sécurité alimentaire «du champ à l’assiette» dans la Constitution. Et le ministre PLR de rappeler la définition de la sécurité alimentaire: l’accès de la population à des aliments en suffisance, de qualité et accessibles à tous les porte-monnaie. Cela nous concerne tous, même dans notre «riche Suisse», ajoute-t-il.

«Un choix de société»

L’Union suisse des paysans (USP) l’a bien compris. En lançant son initiative pour «la sécurité alimentaire» en 2014, elle a conquis le public et réuni les signatures nécessaires en un temps record (5 mois!), montrant une nouvelle fois sa force de frappe politique ainsi que l’attachement des Suisses à une agriculture de proximité et de qualité. L’USP a retiré son texte en mars dernier, une fois le travail du Parlement terminé. Elle est donc satisfaite du contre-projet.

Lire aussi: Sécurité alimentaire: les élus soutiennent une initiative qui laisse perplexe et L’UDC veut marier sécurité alimentaire et immigration

Son directeur, le conseiller national Jacques Bourgeois (PLR/FR), n’y voit pas qu’un article de complaisance, mais un signal très important. D’une part, parce que la Constitution suisse présente une lacune en matière de sécurité alimentaire aujourd’hui à ses yeux. D’autre part, parce que la production agricole est soumise à de fortes pressions: «Nous allons vers un défi majeur au niveau mondial avec la raréfaction des ressources combinée à l’évolution démographique. En Suisse, nous serons environ 2 millions de plus en 2050 selon différentes estimations. Cela fait 2 millions de bouches en plus à nourrir et une pression supplémentaire sur les terres arables. Il faut veiller à avoir les instruments nécessaires pour garder la main sur le contenu de nos assiettes. Cet arrêté permet un choix de société».

Pour Jacques Bourgeois, concrètement, un oui le 24 septembre prochain aurait aussi son influence sur les futures politiques agricoles, notamment en matière de préservation des meilleures terres agricoles.

Pas d’opposition forte

La campagne s’annonce paisible. Pour l’heure, aucun comité d’opposants à l’arrêté sur la sécurité alimentaire n’est sorti du bois. L’Union suisse des arts et métiers (USAM) recommande le rejet de l’arrêté. Mais le 24 septembre prochain, la mère des batailles sera le vote sur le projet Prévoyance vieillesse 2020. L’USP veillera malgré tout à alimenter le débat. «Nous ferons campagne comme si nous étions en face de bulldozers», annonce Jacques Bourgeois qui espère convaincre une large frange de la population.

Ce vote sur la sécurité alimentaire va ouvrir le bal de différents scrutins portant sur l’agriculture. L’initiative populaire des Verts «pour des aliments équitables» sera traitée cet automne au Parlement, celle d’Uniterre pour la «souveraineté alimentaire» et celle qui défend les vaches à cornes ne sont pas encore à l’agenda des Chambres. Mais le Conseil fédéral a déjà pris position. Il les rejette toutes les trois. Une initiative populaire «pour une Suisse libre de pesticides de synthèse» est par ailleurs en cours de récolte de signatures.

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