Depuis le 8 mars, toute la ville en parle: un nouvel espace nocturne a ouvert ses portes dans l'enceinte de l'ancienne Société d'instruments de physique, la SIP, dans le quartier de Plainpalais. Ces 700 m2 ont d'ailleurs adopté les mêmes initiales: SIP pour «Soul Influence Product». Un événement dans la cité volontiers surnommée Calvingrad par ceux qui regrettent que les nuits genevoises se soient méchamment étiolées depuis dix ans.

Le 8 mars, donc, l'inauguration, copieusement arrosée de champagne, attirait la foule sur les deux niveaux de bars et discothèque de la SIP autrefois occupés par des ateliers industriels, tandis que les vernissages battaient leur plein dans les galeries des rues avoisinantes (Le Temps du 8 mars). Le lendemain, le lieu s'ouvrait au public. Aussitôt après le premier week-end d'exercice, les rumeurs allaient bon train: l'espace qui promettait d'être ouvert et festif pratiquerait un filtrage à la tête du client à l'entrée via son impressionnant service de sécurité, une dizaine d'hommes en noir postés de part et d'autre du système de barrières régulant le flux des noctambules. Pire: certains témoins signalaient des interpellations musclées sur la voie publique. Le tableau rose de l'enthousiasme des débuts commençait à s'assombrir à mesure que circulait la nouvelle dans la ville. Mardi, le magazine en ligne Largeur.com consacrait même un débat au sujet: «Sélection à l'entrée des clubs, avez-vous déjà été refoulé à l'entrée d'une boîte?»

Pourtant, à la réouverture jeudi soir, même si le dispositif de sécurité restait impressionnant – les patrons du lieu craignant notamment le développement d'un trafic de drogue dans le dédale industriel de la SIP –, rien ne laissait penser à un tri sélectif à l'entrée du Soul Influence Product. A l'intérieur, branchés et BCBG buvaient leur verre côte à côte, en jeans et baskets ou en complet veston. Dehors, tout était calme. Reste que les nuits les plus chaudes sont celles du week-end où, comme le jour de l'inauguration, la queue peut être longue pour accéder au dernier-né des nuits genevoises.

Parmi les projets du lieu: des soirées gay tous les derniers dimanches du mois, organisées en collaboration avec Yves-Olivier Maguière, qui tient le bar gay «Le Thermos» à Plainpalais. Ce dernier nous a cependant confié être préoccupé par la politique d'entrée pratiquée au SIP et a d'ores et déjà demandé un assouplissement aux responsables les jours où devrait se tenir la manifestation.