Ce «non» n’a pas surpris Urs Rellstab, directeur adjoint de l’association faîtière des entreprises suisses. Une proposition de réduction telle que celle qui était soumise nécessite la confiance du peuple.

«La population n’avait manifestement pas cette confiance envers l’environnement politique actuel, avec la crise économique, le chômage et le débat sur les salaires des managers», a dit M. Rellstab.

Le directeur adjoint d’economiesuisse voit aussi une «erreur de construction» dans le projet qui était mis en votation: comme le taux de conversion a déjà été abaissé à 6,8%, il est difficile de faire accepter une nouvelle baisse supplémentaire à 6,4%.

Les institutions de prévoyance n’inspirent pas confiance

Fulvio Pelli, président du parti libéral-radical (PLR) estime que le rejet massif de la baisse du taux de conversion LPP résulte du manque de confiance des citoyens helvétiques dans les institutions de prévoyance.

Ce problème de confiance a déplacé toute l’attention sur un problème de fond», à savoir comment se forme le capital vieillesse, a indiqué dimanche le Tessinois. Les Suisses se sont donc écartés de l’objet soumis à votation, a-t-il déploré.

Le PLR a perdu la bataille et n’a pas de recettes concrètes à proposer, a poursuivi le conseiller national. «Il va néanmoins falloir rétablir la confiance des citoyens dans les caisses de pension». Et de prôner des règles strictes en matière de transparence des bénéfices. Un relèvement de l’âge de la retraite est par contre une fausse solution, selon le libéral-radical.

Les Helvètes continuent à nourrir l’illusion que des rentes élevées peuvent être maintenues, a souligné M. Pelli. «En poursuivant sur cette voie, on consomme le capital des générations suivantes». Et de conclure que la question d’une baisse du taux de conversion reviendra sur le tapis dans quelques années.