Les coûts de la santé devraient progresser de 3% en 2019 et 2020 selon les prévisions de Santésuisse. Dans certains domaines, la hausse pourrait dépasser 5%, avertit la faîtière des assureurs maladie, qui demande des mesures pour endiguer la tendance.

Ces dernières années, les coûts de la santé ont augmenté moins fortement que les années précédentes. Les assureurs ont donc constitué des réserves, c’est pourquoi la hausse des primes devrait être inférieure à 3% en 2019, a indiqué lundi devant les médias à Berne Christoph Kilchenmann, responsable du département Bases fondamentales chez Santésuisse. Il ne s’agit toutefois que d’une prévision, les chiffres précis ne seront connus qu’en automne.

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Le répit enregistré dans la croissance des coûts de la santé ces deux dernières années est dû à des effets uniques intervenus dans trois gros blocs de coûts, a précisé Christoph Kilchenmann. Et d’illustrer: un changement de répartition des coûts a eu lieu dans le domaine des soins stationnaires à l’hôpital et le Conseil fédéral est intervenu dans le tarif médical ambulatoire (Tarmed).

Coûts des EMS stables, soins à domicile en hausse

Pour les deux prochaines années, Santésuisse table sur une progression moyenne des coûts de 3% avec des variations en fonction des domaines. Les coûts de la physiothérapie devraient croître de 6% en raison de l’augmentation du nombre de thérapeutes et de traitements. Une hausse similaire est attendue dans l’aide et les soins à domicile en raison du transfert des cas légers des EMS vers ces organisations, précise Santésuisse. Le secteur des EMS devrait lui rester stable.

La faîtière des assureurs escompte en outre une augmentation des coûts de 5% dans le secteur hospitalier ambulatoire ainsi que dans celui des laboratoires.

Faire baisser le prix des médicaments

Il ne manque pas d’idées pour faire baisser les coûts de la santé. Le problème réside dans leur mise en œuvre, a relevé la directrice de Santésuisse Verena Nold. Et d’ajouter que sur les neuf mesures relatives aux médicaments proposés par la commission d’experts du Département fédéral de l’intérieur, seules deux figurent dans le premier paquet de mesures du Conseil fédéral pour endiguer les coûts de la santé.

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Pour faire baisser le prix des médicaments, Santésuisse demande donc une comparaison annuelle des prix de tous les médicaments avec l’étranger (actuellement seul un tiers est soumis à comparaison), l’introduction d’un système de prix de référence, la possibilité pour les assurés d’acheter des médicaments à l’étranger et de se les faire rembourser.

Les génériques coûtent deux fois plus cher en Suisse qu’à l’étranger et ne représente que 20% des médicaments, un très faible taux en comparaison européenne, a rappelé Verena Nold.

Pour l’introduction de forfait dans les soins ambulatoires

Elle a également plaidé pour une planification sanitaire supracantonale dans les domaines ambulatoire et stationnaire ainsi que pour l’introduction de forfaits dans le domaine ambulatoire. Depuis l’introduction des forfaits dans le domaine stationnaire, les coûts se sont stabilisés, a-t-elle relevé.

Si certaines mesures en cours de discussion sont acceptées, la croissance des coûts sera encore plus forte, a averti Christoph Kilchenmann. Et d’évoquer notamment l’augmentation de la contribution de l’assurance de base aux soins de longue durée, la possible révision du tarif à l’acte dans le domaine ambulatoire mais aussi l’initiative pour des soins infirmiers forts et son contre-projet indirect.

La médecine personnalisée, avec ses nouveaux médicaments et ses nouvelles thérapies, devrait aussi entraîner les coûts vers le haut.