La fonction publique genevoise organise une semaine de grèves et de manifestations. Elle se mobilisera, jour après jour, secteur par secteur. Elle aimerait par là contraindre le Conseil d'Etat à renégocier les mesures d'austérité du budget 2005, dont l'indexation des salaires à 0,75%, tout comme le gel du versement des annuités et des primes de fidélité. En outre, les syndicats critiquent des économies faites «au détriment des plus démunis et de la qualité du service public». En 2004, les difficultés économiques du canton ont diminué les prestations et les effectifs, et les concessions obtenues pour l'année prochaine ne font que compenser ces pertes, disent-ils.

Dans le domaine médical, Bernard Gruson, directeur des Hôpitaux universitaires de Genève, estime que les revendications des syndicats sont exagérées. Il affirme que, durant les quatre dernières années, ses hôpitaux ont au contraire augmenté leur effectif total de 9%, c'est-à-dire 750 postes.

A plus longue échéance, la fonction publique craint la suppression du statut de fonctionnaire, proposée par la droite dans le cadre de la nouvelle loi sur les employés de l'Etat, discutée en commission ad hoc au Grand Conseil. Selon Olivier Baud, président de la Société pédagogique genevoise, le fonctionnaire n'a pas des privilèges personnels, mais des garanties pour la bonne marche de ses fonctions. Pour lui, la logique de résultats du privé ou le salaire au mérite seraient déplacés dans l'enseignement, par exemple. Il serait ridicule, selon lui, de juger un professeur d'après les notes de ses élèves. Autant de points qui seront rendus sensibles tout au long de la mobilisation. Programme de la semaine.

La journée de lundi était consacrée à la récolte de signatures: pour le référendum contre la loi sur le chômage qui diminue l'accès aux emplois temporaires pour les personnes en fin de droits; contre la privatisation des Transports publics genevois; pour une initiative contre les commerces ouverts dans les gares et les aéroports le dimanche et le soir; pour le maintien du monopole des Services industriels genevois.

Ce mardi, les enseignants manifestent devant Uni Bastions à 16 h. Certains auront été en grève depuis 15 h. Le Groupement des associations parentales soutient le corps enseignant et a donc demandé aux parents d'enfants en primaire de passer les prendre plus tôt. Mais une permanence est en place pour les enfants restants. Quant aux classes supérieures, aucune mesure n'est prise: les élèves seront libres comme lors d'une absence inattendue.

Mercredi, l'administration centrale se réunira à 16 h 30 pour manifester devant l'Hôtel des finances.

Jeudi, ce sera au tour de la santé: EMS, HUG et soins à domicile. A nouveau, les soins seront assurés tout au long de la journée, même si des débrayages sont organisés. Le mouvement se réunira devant les HUG vers 15 h.

Les fonctionnaires sociaux prendront le relais vendredi. La semaine de mobilisation s'achèvera par un grand défilé général de la fonction publique partant de la place Neuve vers 16 h 30.

La police genevoise est aussi de la partie. Elle manifeste depuis lundi jusqu'à dimanche en fermant dix de ses onze postes. En fait, cette mesure signifie que les portes des postes de police sont physiquement fermées, mais qu'il suffit de sonner pour y pénétrer. Les effets de cette «grève» sont donc mineurs: les gendarmes continuent à travailler comme d'habitude. La principale mesure de leur action est la non-verbalisation des délits mineurs du code de la route, tant qu'il n'y a pas mise en danger d'autrui.