L'accord de transit conclu en janvier avec le Sénégal est mort-né. C'est ce qu'a annoncé lundi soir le Ministère des affaires étrangères sénégalais. Invoquant «l'hostilité de l'opinion publique», le gouvernement a renoncé à faire ratifier l'accord, condition sine qua non à son entrée en vigueur.

Depuis le départ, des négociations difficiles, puis l'hostilité ouverte des milieux politiques sénégalais, avaient sans doute fragilisé l'accord. Signé le 8 janvier par Ruth Metzler, celui-ci constituait l'une des pistes trouvées par la Suisse pour résoudre le problème des requérants refoulés à l'identité inconnue. Il prévoyait la possibilité pour Berne de renvoyer au Sénégal des demandeurs d'asile africains déboutés pour un maximum de 72 heures. Cette procédure devait faciliter l'identification des candidats malheureux à l'immigration et leur rapatriement vers leur pays d'origine.

En dépit de cette volte-face, le gouvernement réaffirmait lundi que sa volonté était «de contribuer […] à l'humanisation des procédures de rapatriement, afin d'éviter la «chartérisation» de celui-ci et de préserver la dignité, ainsi que le respect des droits fondamentaux des personnes faisant l'objet d'une mesure de rapatriement». Le ministère tenait également à rappeler que Dakar avait consenti à la signature de l'accord avec la Suisse «sans contrepartie financière ou de quelque autre nature».

La décision des autorités sénégalaises d'accepter ce «transit» des émigrés refoulés avait été vivement critiquée par certains partis sénégalais d'opposition et organisations, telle la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho), pour qui cet accord signait «l'arrêt de mort pour le droit d'asile».

Lundi soir, le Département de justice et police n'avait pas encore été informé officiellement de la nouvelle. Pour cette raison, ses représentants se refusaient à tout commentaire, «en attendant que l'information soit confirmée».