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Le sens de la modération

Le refus massif du salaire minimum montre que les Suisses restent attachés à une ligne économique libérale

Commentaire Le sens de la modération

Le résultat était attendu. Personne ne voyait triompher le salaire minimum généralisé et étatisé à 4000 francs par mois en Suisse. La sécheresse du score, y compris dans des cantons acquis à l’idée d’un «smic», comme Neuchâtel ou le Jura, surprend tout de même. Ce verdict clair a le mérite de tracer sans équivoque la ligne rouge à ne pas franchir en matière économique.

Des hésitations étaient en effet apparues en 2013 au sein des milieux d’affaires sur la confiance qui pouvait être accordée au peuple suisse lorsqu’il devait se prononcer sur des sujets économiques. Jusqu’à l’acceptation de l’initiative Minder sur les rémunérations abusives, la population avait toujours fait preuve d’une très grande modération au sujet des interventions de l’Etat dans l’économie libérale. Cela faisait même sourire à l’étranger lorsque la majorité refusait des vacances supplémentaires ou une semaine de travail allégée. La crainte d’un changement d’opinion, qui inciterait la population à détériorer les conditions de concurrence et à scier la branche sur laquelle elle est assise, n’est dès lors pas fondée. Cela pour autant que les questions d’immigration ne viennent pas brouiller les cartes, comme cela a été le cas lors du scrutin du 9 février qui détériore nos relations économiques et politiques avec l’Union européenne.

Le vote de dimanche remet les pendules à l’heure et démontre que si la population déteste les excès, elle n’en perd pas pour autant le sens des réalités. La ligne économique libérale historique a été légèrement déplacée par l’initiative Minder et par l’extension partielle des heures d’ouverture des magasins des stations-service. Mais après avoir clairement refusé l’initiative 1:12 et celle sur le salaire minimum, le peuple suisse a prouvé qu’il n’a pas perdu son sens de la modération en matière d’interventionnisme de l’Etat dans l’économie.

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