En 1992, l'échec de l'EEE a fait planer sur la Suisse une menace d'isolement à laquelle le Conseil fédéral n'a pas tardé à réagir: du dossier EEE, quinze thèmes sensibles ont été extraits et proposés à l'UE pour des discussions bilatérales. Le partenaire européen en a retenu cinq, y a ajouté l'agriculture et la libre circulation, et s'est déclaré prêt à entrer en matière. Ensuite, il aura fallu quatre années de négociations pour déboucher sur les 600 pages qui composent l'acte final sur lequel le peuple suisse est appelé à se prononcer.

A la demande de l'UE, les sept thèmes forment un tout, qui ne peut être accepté ou refusé qu'en bloc. Réciproquement, s'il y a dénonciation (possible en tout temps) d'un seul des accords, les autres cesseront immédiatement d'être applicables.

Accords de libéralisation essentiellement basés sur la reconnaissance mutuelle de dispositions techniques et juridiques, les bilatérales ne sont pas une fin en soi. Dans une déclaration commune, les parties signalent en effet leur intention de reprendre «rapidement» la discussion sur un certain nombre de «domaines d'intérêt commun». Après le 21 mai, le Conseil fédéral va donc remettre l'ouvrage sur le métier. L'avenir dira si l'approche sectorielle doit à nouveau l'emporter ou au contraire céder sa place à un projet plus ambitieux.

LT