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Gilles Marchand, directeur de la RTS, s’exprimait ici lors de l’ouverture du 30e Festival International de Films de Fribourg 2016, en mars. Il part diriger la SSR.
© Keystone / Christian Brun

Médias

Qui sont les sept papables pour diriger le paquebot RTS?

La «Radio Télévision Suisse Romande» cherche un successeur à son ancien patron qui part diriger la SSR. Les rumeurs vont bon train quant à l’identité de celui qui devra défendre un service public de plus en plus attaqué

Lundi, le poste de directeur de la Radio Télévision Suisse (RTS) a été officiellement mis au concours. Mais les rumeurs quant à l’identité de celui qui succédera à Gilles Marchand, futur directeur général de la SSR, n’ont pas attendu l’ouverture de l’appel à candidatures pour se propager. Certaines d’entre elles sont crédibles, d’autres le sont moins. Autant dire que la mission de révéler l’identité de l’heureux élu relève de l’exercice prophétique. Qu’importe.

Dans la «grande maison», certains spéculent sur les compétences de leur futur dirigeant, face aux futurs combats que le service public devra livrer. Outre reconquérir une audience toujours plus infidèle aux formats traditionnels, la SSR doit faire face à une hostilité politique de plus en plus décomplexée d’une droite qui lui reproche son opulence. En 2017, le service public aura également à se confronter au comité d’initiative «No Billag», exigeant la suppression de la redevance et à ceux qui veulent lui opposer un contre-projet moins douloureux, affirment-ils, qui ôterait un tiers de recettes à la SSR.

Mais si la guerre est d’ores et déjà annoncée, incombera-t-il au futur dirigeant de la RTS de mener une bataille qui se déroulera principalement en Suisse alémanique? Faut-il chercher la perle rare à l’interne ou lui préférer un chef d’entreprise, même peu au fait du monde médiatique? Le nouveau directeur sera-t-il la simple courroie de transmission de Gilles Marchand ou disposera-t-il d’une véritable marge de manœuvre? Esquisses de réponses.

Quel est le profil recherché?

L’appel à candidatures invite les prétendants à disposer d’une «très bonne connaissance de la télévision, de la radio et des plateformes numériques», ainsi que du «paysage médiatique suisse et international». De facto, il exclut des hauts dirigeants provenant d’autres secteurs. Aux yeux de Jean-François Roth, président de la RTSR chargé du processus de nomination, le profil recherché tient en trois points: compétences managériales, vision digitale et aptitude à nager dans un climat politique «particulièrement relevé». Quant à paraître présentable aux yeux des partis de droite – un trait de caractère qui pourrait se révéler utile –, Jean-François Roth rétorque qu’«il serait mieux de ne pas avoir d’attaches politiques».

«Directeur de la RTS, c’est un job d’entrepreneur! Il faut un homme de médias, capable de défendre le service public romand», assure un fin connaisseur de la SSR. Selon lui, Gilles Marchand – dont la réputation (contestée) dit de lui qu’il n’aime pas les têtes qui le dépassent – doit trouver un «partenaire» à la direction de la RTS et «non pas un simple exécutant». Une opinion que partage le producteur et journaliste indépendant Pascal Décaillet, connu pour ses critiques acerbes envers le «mammouth» RTS. «J’attendrais quelqu’un qui ose s’en prendre à la multiplication des chaînes, à nettoyer les placards, à faire preuve de transparence sur les coûts et à mettre fin à la fatwa du service public à l’encontre de l’UDC. Mais je crains que ce ne soit le chemin de la continuité qui soit préféré.»

Candidatures internes

La continuité? Nombreux sont ceux qui la voient dans la candidature de Bernard Rappaz. Fidèle compagnon de route de Gilles Marchand, le Valaisan apparaît comme l’un des favoris de cette succession. A l’interne, d’autres noms circulent comme celui de Pascal Crittin, directeur du département «affaires générales» de la RTS, ou encore Thierry Zweifel, chargé du département «stratégie & programmation». Deux anciens collaborateurs du service public ont aussi été évoqués: Yves Daccord, directeur général du Comité international de la Croix-Rouge jusqu’en 2018, et André Crettenand. Le retour de cet ancien rédacteur en chef de l’actualité, qui dirige actuellement l’information de TV5 Monde, demeure une option plausible, selon nos interlocuteurs. Le nom de Massimo Lorenzi a également circulé dans la grande tour. Jugé à l’interne comme quelqu’un ne manquant pas de caractère – qualité ou défaut, les appréciations divergent –, le journaliste pourrait-il reprendre les rênes de la RTS? Selon nos informations, cette piste devrait être écartée, l’intéressé étant soucieux de rester dans l’opérationnel et proche du terrain.

Personnalités étrangères à la RTS

Nicolas Bideau apparaît comme la personnalité externe la plus fréquemment citée. Disposant de bons réseaux à Berne, proche de la RTS et de l’ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin dont il a été le conseiller, le directeur de Présence Suisse présenterait néanmoins un handicap: celui d’être «un peu trop à gauche». D’autres figures de la presse romande ont été évoquées dont les anciens rédacteurs en chef du «Temps» Eric Hoesli et Jean-Jacques Roth, Ariane Dayer (rédactrice en chef du Matin Dimanche), Madeleine von Holzen (directrice de la communication de l’EPFL) ou encore Serge Reymond, l’actuel directeur des publications romandes de Tamedia.

Seule certitude dans cette affaire, le choix du nouveau directeur général préfigurera la future politique de Gilles Marchand. Révolutionnaire, réformiste ou de continuité.


Bernard Rappaz, «le fidèle bras droit»

Rédacteur en chef de l’actualité, Bernard Rappaz est aux côtés de Gilles Marchand depuis 2001. Il a contribué au développement multimédia de la RTS.

Pascal Crittin, «l’état-major»

Pascal Crittin dirige le département «Affaires générales» de la RTS. On lui prête un déficit de réseaux et une personnalité effacée.

Thierry Zweifel, «monsieur digital»

Thierry Zweifel, directeur du département «Stratégie & Programmation», incarne le virage numérique que prend le service public.

André Crettenand, «le Parisien»

Ancien rédacteur en chef de l’actualité, André Crettenand dirige l’information de TV5 Monde. Seul un retour par la «grande porte» demeure possible.

Massimo Lorenzi, «la gueule»

Tonitruant dès son entrée à la tête du service des Sports, doté d’un fort caractère, Massimo Lorenzi reste une figure forte aux yeux du public.

Nicolas Bideau, «le remuant»

Proche de Pascal Couchepin et de Gilles Marchand, le directeur de Présence Suisse, Nicolas Bideau peut s’enorgueillir d’un solide réseau à Berne.

Serge Reymond, «l’homme de presse»

Face aux éditeurs privés, le directeur des publications romandes de Tamedia, Serge Reymond, pourrait être utile en parlant le même langage.

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