Dix-sept pays européens ont décidé de faciliter l'octroi gratuit de visas aux Serbes qui «remplissent les conditions d'usage». Pour «soutenir la vocation européenne de la Serbie». L'annonce a été faite à quelques jours des législatives de dimanche qui se sont soldées par la victoire des pro-européens du président Boris Tadic.

Quelles sont les conséquences d'une telle décision pour la Suisse? Tant qu'elle est en dehors de Schengen, la Suisse n'est logiquement pas tenue d'adapter sa pratique, souligne l'Office fédéral des migrations (ODM). Mais à partir du mois de novembre, date possible de l'entrée en vigueur de l'accord d'association de la Suisse à Schengen, cela changera. Si les Serbes obtiennent plus facilement des visas Schengen via certains Etats membres, ils pourront de toute façon entrer plus facilement en Suisse. Que la Suisse le veuille ou non.

L'ODM confirme d'ailleurs que des négociations sont en cours entre la Suisse et la Serbie, pour permettre à ses ressortissants d'obtenir plus facilement des visas. Cet accord, similaire à celui que l'UE a conclu avec la Serbie, prévoit déjà, pour certaines catégories de personnes, des exemptions ou réductions de taxe.

Pas pour le Kosovo

La Suisse prévoit également des négociations avec d'autres Etats des Balkans, afin d'adapter sa politique en matière de visas à celle de l'UE. Même si elle ne sera pas membre à part entière de l'Espace mais liée par un accord d'association, «la Suisse devra appliquer certaines dispositions de la réglementation Schengen, mais elle reste compétente en matière d'exemption de la taxe de visa», précise Jonas Montani, le porte-parole de l'ODM. Ladite réglementation sur les visas ne concerne d'ailleurs que les séjours allant jusqu'à trois mois maximum. Reste que si les autres pays se montrent plus généreux que Berne, les demandeurs chercheront leur sésame ailleurs pour pouvoir entrer en Suisse.

Et qu'en est-il du Kosovo? L'UE n'envisage pour l'instant pas de faciliter la délivrance de visas à ses ressortissants. La Suisse ne voit du coup aucune raison de changer de pratique.