Les premiers en vacances le 28 juin, les petits Bernois ont retrouvé pour la plupart les bancs d'école avant les autres, le 12 août. Une rentrée sereine pour les quelque 9000 élèves francophones. Les effectifs sont stables, le programme aussi.

Rare nouveauté: l'enseignement de l'allemand est généralisé en 3e année. «Environ 80% des établissements l'avaient déjà assimilé l'an passé», constate Dominique Chételat, de la Direction de l'instruction publique. «Nous n'aurons qu'une leçon par semaine, contre deux ailleurs. Et les enseignants ont subi un recyclage à la va-vite», déplore Francis Baour, président du Syndicat des enseignants du Jura bernois (SEJB).

La rentrée voit par ailleurs l'application d'une mesure décrétée par le Grand Conseil: les élèves qui perturbent le bon déroulement des cours pourront être exclus, au maximum durant douze semaines par année.

Le débat sur les notes et les appréciations est aussi ouvert dans le canton de Berne. Dès la rentrée 2003, les écoles devront choisir l'un ou l'autre système. Actuellement, les appréciations sanctionnent le premier semestre et les notes le second.

Pénurie de remplaçants

L'apparente sérénité de la rentrée est voilée par des nuages qui menacent: «Il a fallu faire les fonds de tiroir pour repourvoir tous les postes d'enseignants, par exemple rappeler des mères de famille, relève Francis Baour. Et il sera très difficile de trouver des remplaçants. Le problème s'accentuera dans une année: il n'y aura pas de nouveaux enseignants, car le cursus de la HEP BEJUNE ne sera pas terminé. Une HEP qui enregistre un nombre réjouissant d'inscrits, mais qui ne dispose pas de moyens suffisants pour permettre une bonne formation des enseignants.»

Le syndicaliste dit encore «avoir très peur» des effets de la décision du Grand Conseil de réduire la dette cantonale. Il attend avec anxiété, ces prochaines semaines, un rapport du Conseil d'Etat, qui doit tracer les pistes d'économies. Et d'appeler le patron de la Direction de l'Instruction publique, Mario Annoni, à faire front commun avec les profs pour ne plus rogner sur l'enseignement. «Mais Mario Annoni est collégial, regrette Francis Baour. Même si ça l'ennuie et s'il est contre, au fond de lui-même, il réalisera les économies décrétées par la majorité du parlement.»