Genève 

Serge Dal Busco garde la confiance du PDC genevois

Lundi soir, le conseiller d’Etat PDC s’est exprimé devant le comité directeur de son parti. Il affirme détenir des explications sur le don reçu du groupe hôtelier Manotel, qu’il réserve au Ministère public

Dans la tourmente, Serge Dal Busco conserve la confiance de son parti. Lundi soir lors d’une séance exceptionnelle, le comité directeur du PDC a réitéré son soutien au conseiller d’Etat convoqué par la justice pour avoir reçu, en mai 2018, un don de 10 000 francs du groupe hôtelier Manotel. Serge Dal Busco a réitéré sa volonté de réserver ses déclarations pour son audition le 27 septembre et a assuré pouvoir expliquer pourquoi il a restitué la somme reçue cinq mois après les élections cantonales sans y avoir touché. La trentaine de membres présents n’ont pas voté un soutien formel, mais l’ont spontanément acclamé.

«Respect des institutions»

«Serge Dal Busco réserve ses explications à la justice, il a raison, estime le président du PDC genevois, Vincent Maitre. Le respect des institutions l’impose.» Celui qui est aussi député s’avoue rassuré de savoir que le ministre peut justifier le laps de temps entre la réception et la rétrocession du don. A moins de deux mois des élections fédérales, l’affaire Dal Busco ne tombe-t-elle pas au plus mauvais moment? «Bien sûr! Le timing n’est d’ailleurs pas un hasard. Demandez-vous à qui profite le crime, lâche Vincent Maitre, lui-même candidat au Conseil national. Mais le dossier est vide et il n’y a déjà plus rien à se mettre sous la dent. Avant le dégât d’image, je regrette surtout le retour des procès en place publique.»

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S’il ne remet pas en doute sa confiance, un cadre du parti se montre plus critique quant à la stratégie de communication du ministre. «Par nature, Serge Dal Busco est très prudent, très institutionnel. Dans une situation de crise comme celle-ci, cette réserve peut instiller le doute.» Selon lui, difficile de comprendre pourquoi le conseiller d’Etat a accepté, même temporairement, une somme dont il n’avait pas besoin. «Le parti a pris en charge l’intégralité de sa campagne.» Sa principale préoccupation: que l’affaire parasite le programme du PDC pour les élections fédérales.

Focus sur la campagne

Candidate au Conseil national, Sophie Buchs ne craint pas de répercussions pour sa campagne. «Je suis sereine, Serge Dal Busco s’est exprimé sur ce qu’il pouvait dire.» A ses yeux, le sujet est désormais clos jusqu’à l’audition: «Il est temps de se concentrer sur la campagne et d’aborder enfin les sujets de fond.»

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