A l’heure où les projecteurs sont braqués sur le conseiller d’Etat PLR Pierre Maudet, candidat au Conseil fédéral, le PDC genevois cherche la lumière. Sans surprise, ses deux ministres sortants, Serge Dal Busco aux Finances et Luc Barthassat au Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture, ont annoncé lundi briguer un deuxième mandat.

En présentant leurs bilans et en insistant sur «le regain d’intérêt pour le PDC», ils ont tenté de prouver que leur parti n’est pas surreprésenté à l’exécutif. «Un homme de terrain et un homme de dossiers, nous sommes les deux seuls du collège à avoir – je ne dirais pas travaillé tout court – mais travaillé dans le privé. On a tout pour bien faire», lance Luc Barthassat, inimitable.

Vraiment? Si Luc Barthassat jouit d’une certaine popularité, avec un bon sens de terrien revendiqué, s’affichant sans distinction sur les réseaux sociaux, il est aussi critiqué pour un manque de vision globale, obnubilé par l’opérationnel. Serge Dal Busco paraît un père la rigueur sérieux et raisonnable, mais qui peine à traduire son action politique. A droite, beaucoup l’attendaient plus courageux en matière de fiscalité.

«L’anti-candidat marketing»

A son actif, Luc Barthassat évoque notamment la loi sur la mobilité, l’avancée à Berne sur le financement du CEVA, et le déblocage de micro-dossiers, dont la Plage des Eaux-Vives. Un succès emblématique, selon lui, de sa politique du «tous autour de la table». Luc Barthassat met aussi l’accent sur le travail bilatéral avec l’Office fédéral des routes (Ofrou), «ce qui ne se faisait pas avant». A son passif, il reconnaît l’échec, en votation, de l’augmentation des tarifs des Transports publics genevois.

Serge Dal Busco se présente comme «l’anti-candidat marketing, celui qui aura peu coupé de rubans». Mais comme le «gardien du temple, qui s’emploie à limiter les dépenses publiques». Dans un contexte où ne pleuvent plus les recettes supplémentaires et où la croissance est anémique, il reconnaît la difficulté de boucler les budgets.

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Après l’échec de la loi fédérale sur la réforme de l’imposition des entreprises (RIE III), il a remis l’ouvrage sur le métier, faisant valoir à Berne des points que Genève avait adoptés. Il se prévaut aussi d’une diminution d’un milliard de francs de la dette et de la création d’excédents sur les trois derniers exercices. Son ambition désormais: entreprendre des réformes structurelles de l’Etat.

«On soutient Pierre Maudet sans réserve»

Interrogé sur la fusée Maudet, Serge Dal Busco répond: «On le soutient sans réserve. Il serait un énorme avantage pour notre pays, et une perte pour notre canton.» L’occasion, pour Luc Barthassat, de brandir l’étoile montante du PDC genevois, le conseiller national et conseiller administratif de la Ville de Genève Guillaume Barazzone: «Et si ça ne marche pas avec Pierre Maudet, ça ira peut-être avec Guillaume Barazzone, pour la succession de Doris Leuthard ou la suivante!»

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Une sortie inopinée que l’intéressé s’est refusé à commenter, rappelant son soutien inconditionnel à Pierre Maudet. Le PDC présentera aussi 70 candidats au Grand Conseil, dont plus de 25 femmes.