Finances 

Serge Gaillard dénonce les hauts salaires de la Confédération

Le directeur de l’Administration fédérale des finances assure qu’il est possible de recruter des cadres à des salaires moindres. Ce qui fait envie à certains cantons

«Je compare mon salaire avec ceux qui me l’offrent, les contribuables. Vu ainsi, c’est un très bon salaire.» Serge Gaillard, le directeur de l’Administration fédérale des finances, touche 20 000 francs chaque mois. Une somme qu’il juge exagérée par rapport à ses besoins, ainsi qu’il l’a confié aux journaux du groupe Tamedia, dans une interview parue mardi. Au-delà de son propre revenu, l’ancien secrétaire général de l’Union syndicale suisse (USS) dénonce l’augmentation continue des gains des plus hauts fonctionnaires de l’Etat.

«Pas de peine à remplir un poste de cadre»

«Les salaires des cadres ne devraient pas augmenter davantage que la moyenne», argumente Serge Gaillard. Selon lui, «ce genre d’évolution contribue à diminuer l’acceptation des élites par la population» et risque d’avoir «un effet corrosif sur notre structure sociale».

Souvent mise en avant par les défenseurs des hautes rémunérations de l’Etat, la difficulté de dénicher des profils compétents pour les postes à responsabilité ne serait par ailleurs qu’un mythe: «Pour un job intéressant et sûr, il arrive que les candidats soient prêts à se priver de 50 000 francs par an», affirme Serge Gaillard dans la même interview. Même en proposant des salaires inférieurs, le directeur assure ainsi n’avoir «jamais eu de peine à remplir un poste de cadre».

Une question de perspective

Président de la Conférence des directeurs cantonaux des finances, le conseiller d’Etat jurassien Charles Juillard comprend les remarques de Serge Gaillard. Du moins en partie. «Il est vrai que les cadres de l’administration sont très bien payés», analyse le politicien PDC. «De plus, la Confédération, tout comme certains cantons fortunés, ont les moyens de pratiquer les prix du marché en sortant des grilles salariales», souligne-t-il.

Une politique que son canton n’applique pas. «Mais au vu des difficultés, nous réfléchissons à la flexibiliser», précise l’argentier jurassien. Car si Serge Gaillard affirme qu'il est toujours parvenu à trouver la perle rare, même en pratiquant des salaires plus bas, «son commentaire s’inscrit dans un cadre où, de manière générale, l’employeur est très généreux».

Le ministre cantonal vit, lui, dans une situation bien différente: «Dans mon Département des finances, nous avons beaucoup de peine à recruter des spécialistes dans certains domaines. L’informatique par exemple, ou encore la fiscalité. Les salaires que nous pouvons offrir sont nettement inférieurs à ce qu’offre le secteur privé.» Un problème que la riche administration fédérale ne connaît vraisemblablement pas.

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