C’était un secret de polichinelle, c’est désormais officiel. Serge Métrailler, le président du PDC du Valais romand (PDCVr), se lance dans la course au Conseil national. Il profite de l’occasion pour annoncer qu’il quittera la tête du parti après les élections fédérales.

Le Temps: Après près de vingt ans au service de votre parti, dont près de six ans à la présidence, vous faites place à vos ambitions personnelles?

Serge Métrailler: Il n’y a aucun égoïsme derrière cette décision, mais il est vrai que je souhaite appréhender la politique de manière différente. J’ai envie de montrer que je ne suis pas qu’un homme de parti, je peux m’engager sur des thèmes. Je quitterai la présidence du parti au printemps 2020, après y avoir passé près de sept ans. C’est le bon moment pour le faire.

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Pourquoi préférez-vous attendre la fin de la campagne des élections fédérales plutôt que de quitter votre poste aujourd’hui?

Il faut du temps au PDCVr pour me trouver un successeur. En annonçant ma décision tôt, je lui offre ce temps dont il a besoin. Je me devais également de le faire aujourd’hui pour éviter de lier cette décision à de futurs résultats électoraux.

Il ne faut donc pas lire dans cette décision une peur de la défaite du PDC cet automne, qui pourrait perdre un siège au National et qui devra se battre pour conserver ses deux sièges aux Etats?

Pas du tout. Si j’avais peur de possibles résultats négatifs lors de ces élections fédérales, j’aurais quitté mon poste après les élections cantonales du printemps 2017. Il me reste une année de présidence, je continuerai à me battre pour mon parti. Mais il est clair que pendant la campagne, si je suis choisi en mai par mon parti pour être candidat, je mettrai cette fonction entre parenthèses.

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Avec votre départ annoncé et une possible élection de Marianne Maret à la Chambre haute, le PDCVr pourrait perdre son président et sa vice-présidente simultanément. N’est-ce pas un risque, pour l’avenir du parti, de le décapiter ainsi?

Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés. Je pense au contraire que c’est une opportunité. La campagne en vue des fédérales fera naître des vocations. De nombreuses personnes se passionnent pour la politique le temps d’une campagne. On trouvera peut-être ainsi la perle rare.