Sergueï Mikhaïlov s'est opposé mercredi, par la voix de ses avocats, à la transmission du dossier pénal genevois aux autorités russes. L'audience s'est déroulée à huis clos devant la Chambre d'accusation. La décision sera rendue à une date indéterminée.

En octobre 1998, le Parquet général de la Fédération de Russie, invoquant l'ouverture d'une enquête sur la Solntsevskaïa, sollicitait copie des documents confirmant l'implication de Mikhaïlov dans le crime organisé. Saisi par l'Office fédéral de la police, le juge d'instruction Georges Zecchin a accédé à cette demande d'entraide et décidé de transmettre l'entier de la procédure. Mes Pascal Maurer et Alec Reymond ont recouru en soulignant que l'enquête russe ne vise pas directement leur client mais des personnes dont les noms ont été caviardés par mesure de confidentialité. La défense dénonce également le fait que le magistrat genevois ait choisi de tout envoyer sans les entendre et sans procéder à une énumération des pièces pertinentes. L'acquittement de Sergueï Mikhaïlov, prononcé le 11 décembre dernier par la Cour correctionnelle, devrait achever de rendre cette demande irrecevable, relèvent enfin les avocats. Le procureur Jean-Louis Crochet ne voit pour sa part aucun obstacle à la transmission de documents. Le magistrat estime toutefois qu'un tri des pièces devra bel et bien être fait avant que le dossier ne prenne le chemin de Moscou. Fa. M.