Le score est net et sans appel. Par 112 voix contre 65, le Conseil national a rejeté mardi une motion réclamant une révision de l'ordonnance sur La Poste. Elle proposait de contraindre toutes les agences postales d'offrir l'ensemble des prestations du service universel, y compris les paiements en liquide.

La démocrate-chrétienne tessinoise Chiara Simoneschi a en vain défendu la motion rédigée par la majorité de la commission des télécommunications du National. Elle a plaidé en faveur «des régions périphériques et de montagne qui, à l'avenir et à la différence des zones urbaines, n'auront plus accès qu'à une partie des prestations de La Poste». Raison invoquée par la Tessinoise: l'augmentation du nombre d'agences prévue par le géant jaune pour pallier la progressive fermeture des offices postaux conventionnels.

Une question de sécurité

Aujourd'hui, 112 agences sont en activité et fonctionnent selon le système d'un partenariat entre La Poste et les commerces locaux. Cette convention stipule que les clients peuvent acheter des timbres ou envoyer du courrier, mais aussi prélever du numéraire et effectuer des virements par voie électronique. Toutefois, pour des raisons de sécurité, les paiements en liquide n'y sont pas autorisés. La Poste compte porter le nombre de telles agences à 200 d'ici à la fin de l'année. Chiara Simoneschi voit dans cette extension une péjoration du service universel.

Au nom de la minorité de la commission, Simon Schenk (UDC/BE) a souligné «combien il serait illusoire d'imposer des normes de sécurité contraignantes à de petits commerces alors que la structure actuelle satisfait les clients».

Pour Ulrich Gygi, directeur général de La Poste, «obliger les agences à offrir toutes les prestations aurait tout simplement signifié leur mort. Nos partenaires auraient refusé d'offrir la totalité du service postal, puisqu'ils ne sont pas équipés pour assurer la sécurité liée aux versements d'argent liquide». Un argument que Moritz Leuenberger a également invoqué face aux parlementaires. Par ailleurs, Ulrich Gygi souligne combien cette motion est incompatible avec l'ouverture progressive du marché dès 2011. «Un équilibre financier pour le réseau doit être assuré en misant sur la mixité des offres entre service à domicile, agences et offices postaux», explique le directeur général rencontré en marge du débat. «Sinon, nous courrons le risque d'un désert postal».

Près de deux parlementaires sur trois ont ainsi renoncé à suivre Chiara Simoneschi. Cette dernière n'a recueilli le soutien que de cinq de ses collègues de parti, quand bien même le PDC avait les cartes en main pour faire pencher la balance. La question du service universel garanti dans l'ensemble des offices paraît donc enterrée.