Des offres d’emploi expressément destinées aux hommes, des commentaires sur les tenues vestimentaires de collaboratrices, l’emploi d’un «ton doctoral» par certains hommes pour s’adresser à une collègue concernant un sujet sur lequel elle est «plus compétente qu’eux, voire experte»: voici les agissements sexistes dont est victime au quotidien le personnel féminin du Service de renseignement de la Confédération (SRC). À la fin de l’année 2020, le SRC comptait 159 collaboratrices et 239 collaborateurs. Dans un rapport, consulté par le journal 24 heures, le groupe de travail constitué de douze membres du personnel des services secrets dépeint une culture d’entreprise toxique.

Faire éclater la bulle

Ce groupe a été mis en place par le Vaudois Jean-Philippe Gaudin, directeur du SRC jusqu’en mai dernier, suite «aux mauvais résultats de l’enquête 2020 sur la satisfaction du personnel, effectuée tous les trois ans par l’administration fédérale». Il est «dirigé par Jacques Repond, spécialiste de l’antiterrorisme, et par une ex-policière dont le nom n’est pas connu», précise l’article de 24 heures. Les auteurs du rapport estiment que «la direction vit dans une bulle». Les cadres supérieurs se désintéressent de leurs subordonnés, les chefs sont «trop tolérants» et les remarques des employés faisant état d’un comportement sexiste «ne sont pas assez prises au sérieux.»

Le groupe de travail interne appelle à «libérer le service de sa culture sexiste.» Dans cet élan, le SRC aurait déjà pris des mesures, «notamment avec des cours spéciaux et des avertissements», indique le quotidien. Pour Viola Amherd, cheffe du Département de la défense (DDPS), ces conclusions viennent s’additionner aux «résultats catastrophiques» de ce service. Le journal ajoute qu’au cours d’une séance de commission confidentielle, la direction du SRC a été «fortement critiquée» et n’aurait obtenu que 52 points – sur 100, un résultat inférieur de 12 points à la moyenne du DDPS.