Les électeurs genevois peuvent dormir tranquilles. Même si la Cour des comptes, saisie par deux collaboratrices auxiliaires dénonçant des dysfonctionnements dans le traitement des bulletins de vote par correspondance, pointe des lacunes au Service des votations et des élections (SVE), son audit de légalité et de gestion est rassurant sur le point essentiel: «Il n’y a eu ni fraude, ni corruption, ni irrégularités, aucun scrutin faussé», a conclu jeudi devant la presse la chancelière, Michèle Righetti, dans ce qui a ressemblé à «un long plaidoyer en défense», comme l’a relevé avec humour le président de la Cour des comptes, François Paychère. Dans la foulée, le Ministère public a annoncé avoir classé la procédure sur une fraude électorale alléguée.

Si la Cour des comptes n’avait pas pour mission de se pencher sur la fraude potentielle, on comprend la volonté d’insister sur le danger écarté. Car l’épisode rocambolesque de mai 2019 a mis à mal la confiance de l’électeur. Il apprenait alors que les locaux avaient été perquisitionnés et qu’un employé avait été interpellé. S’en est suivi un emballement médiatico-politique dont Genève a le secret, faisant craindre une série de votations truquées.