Les parlementaires et leurs accompagnants des tiers ordres administratif et médiatique ont pu mesurer, au cours de cette session spéciale à Lugano, ce que cela représente concrètement de vivre à la périphérie du pays. On a beau retourner l'horaire des CFF dans tous les sens, étudier toutes les combinaisons possibles, par Lucerne, par Zurich ou par Milan, on réalise inmanquablement que l'on est à cinq ou six heures de chez soi. Et on comprend mieux, lorsque l'Intercity se tortille à un rythme de sénateur sur les rampes du Gothard, l'impatience affichée par les Tessinois de bénéficier de liaisons plus rapides grâce à un tunnel de base.

Les médias se sont laissé prendre au piège de l'éloignement. Les parlementaires, qui ont l'habitude de disposer de la presse quotidienne et hebdomadaire dès leur arrivée pour mesurer leur popularité et accessoirement nourrir leur réflexion, ont cherché vainement en début de semaine certains titres. Le fait que les Chambres siégeaient de façon tout à fait inhabituelle hors du Palais fédéral a apparemment échappé ici et là aux services compétents. Georges Plomb, correspondant parlementaire de La Liberté, se désespérait mercredi, comme tous les parlementaires accros au quotidien fribourgeois. Lequel, tout comme Le Nouvelliste du reste, restait désespérément absent en dépit d'appels pathétiques au service des abonnements. Un cri de victoire a retenti dans l'après-midi du mercredi. Les exemplaires si longtemps attendus étaient enfin arrivés, et, divine surprise, ils répondaient également à l'appel le jeudi matin. Georges Plomb n'hésitait pas à parler de miracle. Il peut y avoir quelque avantage à travailler pour un quotidien catholique.

*Cette chronique paraît tout au long de la session des Chambres fédérales à Lugano.