C’était dans l’air depuis quelques jours, la première citoyenne du canton Séverine Evéquoz sera candidate à la succession d’Adèle Thorens au Conseil des Etats. La politicienne écologiste nous a confirmé l’information qui avait fuité au sein de son parti. Elle déposera sa candidature officielle dans le courant de la semaine et l’annoncera publiquement sur ses réseaux sociaux.

Après avoir siégé au Conseil communal de Lausanne en présidant notamment la Commission des finances, Séverine Evéquoz a rejoint le Grand Conseil en 2017 avant d’y intégrer son bureau en 2018. «Je représente un canton plus vert, plus jeune, plus moderne et plus féminin. Aujourd’hui, je le représente comme présidente du Grand Conseil avec beaucoup de plaisir et j’ai vraiment très envie de pouvoir continuer à m’investir. Tout mon parcours et toute mon expérience politique m’amènent à proposer ma candidature», a déclaré l’aspirante à la coupole bernoise sur le site du 24 Heures a qui elle avait réservé sa réaction initialement prévue mercredi.

Lire aussi: Le Vert vaudois Raphaël Mahaim se lance dans la course au Conseil des Etats

Double candidature écologiste

La Lausannoise rejoint donc son ancien collègue du Grand Conseil Raphaël Mahaim, désormais en place au National. «Je suis très contente de ces deux candidatures et je tiens à relever leur qualité. Nos candidats ont des parcours de vie différents et ça montre toute la diversité qu’on possède au sein du parti», commente Alice Genoud, cheffe de file de la section vaudoise.

Si le comité cantonal des Vert·e·s ne se positionnera pas sur l’une ou l’autre candidature, la représentativité des femmes parmi les aspirants à la Chambre haute est un terrain épineux. En effet, alors que les socialistes ont déjà nommé Pierre-Yves Maillard pour les représenter et qu’à droite les noms d’Olivier Français et de Pascal Broulis sont le plus souvent cités, une nouvelle candidature masculine pourrait être malvenue.

Mais alors, qu’en pense Raphaël Mahaim, le principal intéressé? «Nous avons chez les Vert·e·s une tradition de respect de la parité qui est exemplaire. Prenons l’exemple du Conseil national où sur quatre élu.e.s, trois sont des femmes (ndlr. Valentine Python, Léonore Porchet, Sophie Michaud Gigon). Idem au Conseil des Etats où c’est du quatre sur cinq», expose-t-il. On a une extraordinaire représentativité féminine mais on ne peut, nous les Vert·e·s, compenser tout seul le défaut d’exemplarité sous la Coupole fédérale en ayant uniquement des femmes candidates.» L’avocat de métier poursuit en rappelant l’importance de cette thématique à ses yeux. «La manière de défendre l’égalité homme/femme compte aussi. Je m’y suis toujours engagé et je vais continuer à en faire une priorité.»

Avec cette double candidature, l’habitant du district de Morges pourrait aussi voir son siège au national être mis en danger. «C’est un risque pour tout le monde de perdre son siège, admet Alice Genoud. Après nous sommes dans une situation plutôt favorable qui nous permet même d’envisager l’obtention d’un siège supplémentaire.» Raphaël Mahaim abonde dans ce sens. «On ne se lance pas dans une entreprise de ce type-là sans avoir la conviction qu’on peut gagner. Si j’y vais c’est parce que j’ai envie de mettre toutes mes forces pour le maintien de ce siège aux États. Le national sera une autre discussion où l’enjeu sera de faire progresser nos valeurs vertes pour l’indispensable transition écologique.».»

Lire aussi: Le PS vaudois fait le choix de la raison

Liste commune?

S’il faudra patienter jusqu’au 12 novembre prochain pour savoir qui de Séverine Evéquoz ou de Raphaël Mahaim sera choisi pour représenter les Vert·e·s vaudois lors des élections fédérales, la question d’une potentielle alliance avec les socialistes peut désormais venir sur la table. Pierre-Yves Maillard, qui a remporté en juin dernier le choc des titans contre son collègue Roger Nordmann, ne veut pas s’avancer. Pour les modalités de campagne commune, il renvoie aux directions de parti. Quant aux deux candidatures écologistes, Pierre-Yves Maillard ne souhaite pas se prononcer. «La base des Verts fera son choix et je le respecterai.»

De son côté, Raphaël Mahaim se montre un peu plus expressif. «Dans cette élection, si je suis le candidat vert, je serai dans la position du challenger. Mais pour un ticket commun, c’est aussi une proposition très complémentaire à celle de Pierre-Yves Maillard, avec de mon côté un profil plus jeune et l’écologie au centre des préoccupations, mais aussi toute l’expérience parlementaire nécessaire pour siéger comme sénateur», analyse-t-il en rappelant qu’il n’y a rien d’acté pour le moment. «Le choix de la stratégie appartiendra aux AG de chaque parti. Mais ce n’est pas un scoop de présumer qu’on se dirige vers une alliance qui a déjà fait ses preuves entre partenaires historiques.»

Lire également: Raphaël Mahaim, le surdoué du climat qui veut secouer Berne en remplaçant Daniel Brélaz