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Pierre-Yves Maillard annonce les nouveaux subsides à l’assurance maladie, en août dernier à Lausanne.
© Laurent Gillieron/Keystone ©

Vaud 

Le siège de Maillard, un défi pour la droite

Le départ probable du socialiste Pierre-Yves Maillard est l’occasion pour le camp bourgeois de reprendre la majorité au Conseil d’Etat vaudois. Si le PLR et l’UDC ne cachent pas leur ambition, la stratégie à adopter reste floue

La démission de Pierre-Yves Maillard du gouvernement vaudois est de plus en plus probable, après qu’Unia lui a donné son soutien mercredi pour briguer la présidence de l’Union syndicale suisse (USS). Ce départ offrirait à la droite l’occasion de regagner la majorité de l’exécutif, perdue en 2011. Si l’envie y est, comment le PLR et l’UDC vont-ils parvenir à reconquérir ce siège?

Lire aussi: Pierre-Yves Maillard obtient le soutien d’Unia

Une telle reconquête aurait sa logique, la majorité du parlement étant restée bourgeoise. Mais ce ne sera pas simple, avertit Olivier Meuwly, historien et membre du PLR. La grande difficulté sera de trouver un ou une candidate capable de fédérer la droite et le centre droit. «C’est précisément ce qui a péché lors des précédentes élections», analyse-t-il. Comme le PLR, qui occupe trois fauteuils au gouvernement cantonal, est déjà largement servi, il devrait laisser l’UDC revendiquer le siège à prendre. Toutefois, la quête du candidat rassembleur est très ardue. «Ce n’est pas évident pour l’UDC d’accéder à un exécutif», concède Kevin Crausaz, le secrétaire général de la section cantonale.

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Alliance indispensable

Pour que la droite réussisse, une alliance UDC-PLR est de toute manière indispensable, ainsi que l’admet le secrétaire général de l’UDC. Mais là non plus, rien n’est gagné d’avance, les relations entre ces deux partis étant beaucoup plus difficiles que celles qu’entretiennent, à l’autre bord, les formations de la gauche plurielle. De plus, au sein du parti agrarien, les points de vue divergent sur la stratégie à adopter. Au secrétariat général, on se déclare prêt à lancer la machine, l’UDC revendiquant cette place depuis longtemps. «On ne va pas se priver de la prendre», déclare Kevin Crausaz. De «très bons» candidats «aux profils différents» ont montré leur intérêt. Le nom de Philippe Jobin, chef du groupe des députés, circule particulièrement.

Kevin Grangier, l’ancien secrétaire du parti, plaide, lui, pour un temps de réflexion. Il y a encore «trop d’inconnues» à ce stade et il veut éviter une nouvelle défaite «préjudiciable» au parti. Après l’élection officielle de Pierre-Yves Maillard à la tête de l’USS, il faudra attendre que les socialistes proposent leur candidat. L’UDC pourra ainsi «présenter un challenger à la hauteur, ou ne présenter personne». Selon l’analyse de Kevin Grangier, le PLR a plus de chances que l’UDC face au PS. Une autre élection complémentaire d’ores et déjà envisagée pourrait à ses yeux offrir une meilleure occasion à son parti: le remplacement de Jacqueline de Quattro, qui a annoncé son intention de se présenter aux élections fédérales d’octobre 2019.

PLR «prêt à réagir»

De son côté, le Parti libéral-radical est sur la retenue. Il veut attendre la confirmation du départ de Pierre-Yves Maillard avant de dévoiler sa démarche. Officiellement, il affiche ses ambitions de conquérir le siège pour faire basculer le gouvernement vaudois à droite. «Nous sommes prêts à réagir, nous avons toutes les clés en main ainsi que la relève nécessaire», déclare Laurine Jobin, la secrétaire générale, sans vouloir donner de nom. Mais ce parti doit lui aussi veiller à gérer habilement les successions qui se présentent. Au PLR, des personnalités comme Christelle Luisier, la syndique de Payerne, ou les conseillers nationaux Frédéric Borloz et Laurent Werly figurent parmi les potentiels candidats.

A gauche, rien n’est acquis non plus. Aucun papable ne fait figure de successeur naturel. Grégoire Junod, syndic de Lausanne depuis deux ans seulement, a déclaré cette semaine sur les ondes sur la RTS qu’il ne serait probablement pas candidat. Parmi les élus fédéraux souvent nommés, Géraldine Savary et Roger Nordmann occupent des postes clés sous la coupole fédérale. Les conseillères nationales Ada Marra et Rebecca Ruiz pourraient en revanche être dans la course, la seconde passant à ce stade pour avoir le meilleur profil. Le fait d’être une femme pourrait la désavantager: l’exécutif vaudois en compte déjà quatre, dont deux socialistes.

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