En ville de Sierre, les électeurs les plus sévères disent que le président de la ville, le PDC Manfred Stucky, n'a pas été élu pour ce qu'il est (en 2001), mais parce qu'on ne voulait plus du président en place. On reprochait alors au radical Charles-Albert Antille, également conseiller national, d'être «un peu trop à Berne et pas assez à Sierre». Deux scrutins plus tard, sonne à nouveau l'heure du bilan.

Le président ne fait de loin pas l'unanimité. Les minoritaires lui reprochent ses tendances à la «combinazione», allant parfois jusqu'au conflit d'intérêts. On cite en exemple l'affaire Aldi-Agrol. Manfred Stucky s'était vigoureusement battu pour tenter de faire venir le hard discounter allemand en périphérie de Sierre, sur le site de la coopérative fruitière. D'une pierre deux coups, le contrat lui aurait assuré l'acte de notariat (il est avocat-notaire) et facilité les affaires de son bras droit à la municipalité, Pascal Viaccoz, comptable d'Agrol. Politiquement, la position était indéfendable, car contraire à un règlement interdisant le commerce agroalimentaire en périphérie.

Arrogance et despotisme

Bref, les membres du parlement communal, notamment, n'ont pas du tout goûté l'affaire. Aujourd'hui, Manfred Stucky rempile. Jusque dans son propre parti, on fustige parfois son arrogance, son côté un brin despote. De quoi amorcer une bagarre d'opportunisme pour la présidence et l'enfilade du Parti radical. S'il signe un bon score, le vice-président actuel, François Genoud, pourrait mobiliser les minorités. Du coup, les radicaux, qui ont pu craindre une érosion par la droite de l'UDC - elle avait manqué de peu son entrée à l'exécutif en 2004 et retente le coup cette année par une campagne un peu désorganisée -, ne seraient peut-être pas les plus menacés. L'Alliance de gauche, qui lance le jeune ingénieur en environnement Arnaud Zufferey, essaiera, elle, de maintenir ses deux sièges.