Energie

Les SIG prudents à investir dans l’hydraulique

Encore refroidis par la «débâcle» éolienne, les Services industriels genevois attendent des chiffres de la part d’Alpiq avant d’investir dans ses barrages. La régie publique exige un pouvoir décisionnel avant de s’engager

Après Romande Energie lundi, c’est au tour des Services industriels genevois d’être questionnés le lendemain sur leur possible participation dans la nouvelle société d’Alpiq active dans la production d’énergie hydraulique. Entendant mettre un terme à des pertes devenues chroniques depuis 2011 – dues notamment à la chute de valeur de rendement des barrages que la société possède dans l’Arc alpin –, le grossiste en électricité avait annoncé le 6 mars vouloir mettre en vente les 49% de son portefeuille hydroélectrique, le deuxième parc de Suisse derrière celui d’Axpo mais devant celui des Forces motrices bernoises (BKW).

«Nous n’avons pas pour vocation de sauver l’hydraulique en Suisse»

Toujours meurtris de ses investissements plus qu’infructueux dans la production d’énergie éolienne (et désastreux pour l’image des SIG), la régie publique genevoise a affiché mardi beaucoup de prudence sur une éventuelle prise de participation au capital de la future société hydroélectrique. «Cela fait sens qu’on s’y intéresse, avance Michel Balestra, président du conseil d’administration des SIG. Mais les chiffres que nous a fournis Alpiq ne nous permettent pas, pour l’heure, de prendre une décision.» Mais la direction des Services industriels genevois, à l’instar de son voisin vaudois Romande Energie, ne se contentera pas du simple statut d’investisseur, sans «avoir son mot à dire dans la gestion des coûts». «Nous n’avons pas pour vocation de sauver l’hydraulique en Suisse», renchérit Christian Brunier aux yeux desquels l’entreprise qu’il dirige n’investira que s’il s’agit d’une «bonne affaire».

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Car si les performances d’Alpiq dans l’hydroélectricité sont encore déficitaires – elles s’expliquent par la surproduction de courant bon marché provenant de centrales à charbon ou par les énergies renouvelables fortement subventionnées –, cette situation pourrait ne pas perdurer. «Mais ce sont les politiques qui ont la clef, avance Michel Balestra. On pourrait imaginer autant taxer les énergies polluantes que subventionner nos entreprises ou encore revoir le montant des droits d’eau ou taxe hydraulique que perçoivent les communes», notamment valaisannes.

Le déficit d’Alpiq se retrouve d’ailleurs dans les comptes 2015 des SIG, dont ils sont indirectement actionnaires via la société EOSH, soit une perte comptable de 55 millions de francs. La régie publique a aussi essuyé une dépréciation d’actifs dans la fibre optique (-29 millions) et dans Energiedienst Holding (-37 millions). Ces éléments ont contribué à faire passer le résultat net de gestion de 70 millions à un résultat net consolidé déficitaire à hauteur de 40 millions.


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