Le Temps: Pour quelles raisons êtes-vous opposé à l'idée d'une troisième voie autoroutière?

François Marthaler: Tout simplement parce que cela ne sert à rien de la réclamer à Berne. La troisième voie sur l'autoroute Lausanne-Genève ne figure pas dans la planification autoroutière, qui va jusqu'en 2035. Dans le cadre de l'extension des autoroutes, nous avons déjà le contournement de Morges, qui est un projet devisé à 1,8 milliard de francs tout de même. J'imagine mal qu'on y rajoute la troisième voie autoroutière dans ce contexte-là. Sans parler de la problématique de l'espace qu'il faudrait prendre sur celui du projet de la troisième voie ferroviaire.

- Le système de télégestion est donc, à votre avis, une meilleure solution dans un premier temps?

- La télégestion est un projet devisé à 35 millions de francs qui permet d'anticiper la congestion sur l'autoroute. Les automobilistes sont appelés, grâce à des panneaux électroniques, à diminuer leur vitesse et rouler à 80 km/h ce qui permet de mieux répartir la congestion qui se prépare, notamment aux heures de pointe. Si, malgré tout, il y a quand même une congestion, alors nous pouvons encore ouvrir la bande d'arrêt d'urgence. Avant de vouloir construire une troisième voie sur l'autoroute, il s'agit de gérer plus intelligemment le trafic.

- Que pensez-vous de la démarche des milieux économiques de lancer une pétition?

- Pour le moment, je n'ai pas vu cette pétition. Mais je crois bien que ceux qui vont signer cette pétition seront déçus. Car il n'y aura aucune réponse avant 2035. Je le répète, rien d'autre n'est prévu dans le canton à part un grand contournement de Morges. Il y a bien des demandes en cours pour des aménagements, notamment du côté de la Blécherette et à Chavannes, qui sont inscrits dans le Programme d'agglomération Lausanne-Morges, le PALM, et qui doivent être réalisés d'ici 2015. Mais c'est tout. Il y aura donc des déçus.

- Avez-vous évoqué le lancement de cette pétition avec le Conseil d'Etat?

- Non, le Conseil d'Etat n'en a pas parlé. Nous avons déjà bien assez de soucis avec les infrastructures que le canton doit financer.