«Miser sur la formation des femmes»

L’initiative populaire Ecopop se divise en deux parties. La première concerne la limitation de l’immigration. Le second volet exige des mesures d’encouragement de planning familial volontaire dans les pays en développement dans le but, espèrent les initiants, de freiner l’émigration. La Suisse devrait y consacrer 10% des moyens investis dans l’aide au développement, soit quelque 150 millions par an.

Cette seconde partie dérange tout autant Simonetta Sommaruga que la première. «En quelque sorte, les habitants des pays pauvres devraient se restreindre pour que nous puissions continuer de bien vivre. C’est une atteinte au droit d’auto­détermination de l’individu. Or, le temps où le riche Nord disait au pauvre Sud ce qu’il devait faire est révolu», argumente-t-elle.

«Pour les êtres humains»

Elle souligne que, si les pays en développement connaissent un taux de natalité élevé, c’est aussi lié à leur pauvreté et au manque d’instruction des femmes. «Il y a un lien entre le taux de fécondité, que l’initiative espère réduire, et la formation des femmes et des jeunes filles. Or, l’initiative ne dit rien de l’encouragement de la formation dans ces pays. C’est pourtant sur la formation, la santé, l’égalité entre hommes et femmes qu’il faut miser», argumente-t-elle.

Beat Zemp, président central de l’association des enseignants de Suisse alémanique, a lui aussi soulevé ce point lors de la manifestation des syndicats mardi à Berne: «Il est bien mieux d’investir l’argent de l’aide au développement dans le système d’éducation que dans une campagne de contraception.»

En résumé, constate Simonetta Sommaruga, «cette initiative considère les êtres humains comme des problèmes. La politique doit s’engager en faveur des êtres humains et pas contre eux», plaide-t-elle encore.