Les hélicoptères militaires survolent les champs de tournesols, de blé, les bocages et les rivières. Puis des forêts carbonisées par les récents feux. Ils rasent les cimes des arbres. Cinquante mètres, ils ne doivent pas dépasser cette altitude pour éviter d’être repérés par un radar ennemi. Une mesure de sécurité supplémentaire pour le transport de deux chefs d’Etat vers le front du dernier conflit en Europe, celui du Donbass. Une petite heure de vol et les cinq hélicoptères atterrissent dans un champ.

Derrière un bosquet, il y a une ambulance et un camion de pompiers. Plus loin, dans les ruines d’une maison transformée en guérite, l’armée ukrainienne scrute l’horizon. Simonetta Sommaruga retrouve son homologue Volodymyr Zelensky sous le souffle des pales, puis s’engouffre dans un véhicule pour effectuer les derniers kilomètres sur une route tout juste inaugurée qui doit les conduire à Stanytsia Luhanska, l’unique passage entre l’Ukraine et la République autoproclamée de Lougansk aux mains des sécessionnistes pro-russes.