«En Suisse tout le monde est président de quelque chose!» Dario Robbiani, responsable de la communication dans l'organigramme de Sion 2006, a choisi hier de traiter par la boutade le problème majeur qui se pose actuellement à la candidature valaisanne: un manque de véritable tête, dû aussi bien aux déboires de Jean-Noël Rey qu'aux ambitions footballistiques de Sepp Blatter. «Ce qui compte, a encore assené Dario Robbiani, ce n'est pas la présidence de Sion 2006, mais l'équipe en place qui continue de faire du bon travail.»

Vide présidentiel, concurrence de plus en plus menaçante de Turin, manque d'engouement populaire - rien à voir jusqu'ici avec la ferveur qui entourait la candidature pour les jeux de 2002 - les responsables du projet sédunois ont senti la nécessité de reprendre au vol une donne qui se mettait soudain à leur échapper. Ce qu'ils ont trouvé est assez spectaculaire: les Etats généraux du développement durable, qui se tiendront le week-end prochain à Sion sous la houlette de Gabrielle Nanchen, l'ancienne conseillère nationale socialiste.

Le développement durable c'est un peu l'épouvantail brandi en guise de bonne conscience par la communauté internationale dans les questions d'environnement et de relations Nord-Sud. Définie dès 1983 par les Nations Unies - «Le développement durable satisfait les besoins des générations présentes sans compromettre la possibilité pour les générations à venir de satisfaire leurs propres besoins.» - cette notion est appelée à devenir le fer de lance de la candidature Sion 2006.Une notion qui semble avant tout destinée à couper l'herbe sous les pieds des organisations écologiques qui, contrairement à ce qui s'était passé avec Sion 2002, n'ont pas encore accepté de monter dans le navire.

Pour aussi répondre une fois pour toutes aux sceptiques qui pensent - Gabrielle Nanchen dixit - que les jeux ne laisseront que «les cadavres noircis des fusées, des tonnes de déchets et des lignes disgracieuses de béton défigurant le paysage.» Cinq thèmes ont été choisis pour présenter la façon dont Sion 2006 compte intégrer le développement durable à la fête olympique: agriculture et environnement, culture, économie et société, énergie et environnement, tourisme. Des thèmes qu'évoqueront vendredi3 et samedi 4avril des conférenciers de tout horizon. Gabrielle Nanchen regrette cependant de constater que les participants inscrits jusqu'ici proviennent surtout des milieux politiques.

Grands absents pour l'heure: les écologistes. Le président du gouvernement valaisan, Wilhelm Schnyder, s'est voulu rassurant: «Il n'y a qu'une seule organisation écologiste, Greenpeace, qui soit contre les jeux par principe. Avec les autres nous sommes persuadés d'arriver à signer, comme ce fut le cas pour 2002, un contrat «Nature». Même avec le WWF, Gabrielle Nanchen prévient pourtant: «Les écologistes doivent comprendre que le développement durable va bien au-delà de la défense des petites fleurs et des mélèzes.»

Enfin, par la voix de Dario Robbiani, le comité de candidature a annoncé toute une série de manifestations visant à dynamiser l'image de Sion 2006: meeting à Zurich en juin, contacts et projets en collaboration avec Expo.01, ouverture d'un site Internet, présence au forum de Crans-Montana.

Quant à la candidature de Sepp Blatter à la FIFA, Wilhelm Schnyder s'en est félicité affirmant «qu'il en avait les compétences». Avant de préciser que la présidence de Sion 2006 pourra prendre diverses formes dans l'avenir. L'envie à Sion, et Wilhelm Schnyder ne l'a pas caché, c'est qu'Adolf Ogi, pour l'heure président du comité national de soutien, prenne la présidence du comité de candidature. «Dans les autres pays, a estimé Wilhelm Schnyder, cela ne pose aucun problème que le ministre des sports pilote une candidature olympique.»

Pour participer aux Etats généraux du développement durable les 3 et 4avril, s'inscrire au 027 203 73 91.