Valais

Sion 2026: le vote olympique embarrasse les autorités

Alors que le processus démocratique doit prendre fin au plus tard en janvier 2019, commune, cantons et confédération évitent de se prononcer sur d’éventuelles votations populaires

Porté par des entrepreneurs privés, le comité d’organisation de la candidature olympique Sion 2026 dépose son dossier ce vendredi à Berne. Il espère un milliard de francs de la Confédération. De ce soutien, dépendra la future participation financière des cinq cantons impliqués: Valais, Vaud, Berne, Fribourg et les Grisons. Pour le Conseil fédéral, le soutien des populations concernées est essentiel. Le vote est donc inévitable, mais son issue reste incertaine. Pour rappel, les Grisons balayaient d’éventuels Jeux Olympiques à plus de 60% des votants en février dernier.

La question d’un vote communal à Sion n’a pas encore été discutée

Qui votera quand? Plutôt prudent, le ministre des sports valaisan Frédéric Favre botte en touche: «Le moment de voter n’a pas encore été arrêté. Il est primordial de pouvoir expliquer cette candidature aux citoyens pour qu’ils puissent se prononcer en pleine connaissance de cause. Ce n’est pas une course contre la montre.» Même son de cloche du côté du Président de la commune de Sion, Philippe Varone: «Nous avons besoin d’avoir en mains tous les éléments avant de pouvoir organiser un débat populaire constructif. La question d’un vote communal à Sion n’a pas encore été discutée.»

Le comité pour seul repère

Le Comité international olympique (CIO) a fixé le délai pour la tenue d’éventuels référendums au 31 janvier 2019. Assez discret jusqu’ici, le service des sports de la confédération souligne le caractère cantonal de cette décision. Subsidiarité oblige, il n’ajoute aucune précision concernant la date des votations: «Le temps à disposition pour réaliser les procédures politiques nécessaires étant court, il appartient pour le moment aux promoteurs de Sion 2026 d’informer la population et les autorités.»

Une votation fédérale paraît exclue

Président du comité d’organisation, Jean-Philippe Rochat promet qu’une opération de communication débutera sitôt la réponse du Conseil fédéral connue, «à condition qu’elle soit positive, bien sûr.» Selon lui, «une votation fédérale paraît exclue». Il insiste: «Si une votation a lieu, ce sera au niveau des cantons qui investissent.» Reste à déterminer quand la population devra se prononcer. «Si le gouvernement nous soutient, ce qui sera clair en octobre, les chambres seront appelées à voter tour à tour en septembre et décembre 2018 et les votations cantonales interviendraient entre ces deux dates», explique l’avocat vaudois.

Le temps presse

Conseillère nationale verte, Lisa Mazzone a déposé une interpellation pour demander des précisions sur les possibilités démocratiques du processus de candidature. Réponse de l’exécutif: Sur le plan fédéral, il n’est pas prévu d’organiser de votation, car les décisions de l’Assemblée fédérale relatives aux finances ne sont pas soumises au référendum. Unique possibilité, quoique improbable, le parlement pourrait se doter d’une loi ad hoc sur les Jeux. La politicienne genevoise regarde cet agenda d’un œil circonspect: «Les délais sont serrés. Il ne faudrait pas qu’une votation soit annulée par manque de temps.»

Si la nécessité d’organiser une consultation populaire paraît faire l’objet d’un consensus, son organisation demeure floue. A 18 mois de l’échéance, la confédération renvoie la balle aux cantons et au comité d’organisation alors que les circonscriptions territoriales concernées évitent soigneusement de se prononcer sur la question. Sans paraître pressées de statuer. Préoccupés par les délais, Lisa Mazzone et les voix critiques risquent fort de se retrouver face à des décideurs qui jouent la montre.

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