Les fondations de la maison PDC ont résisté. Et c'est en somme la surprise de ces élections communales dans la capitale valaisanne. Attaqué de toutes parts, le parti a conservé hier son huitième siège à l'exécutif, soit sa majorité absolue. Il signe ainsi son enracinement dans le sol sédunois. Au verdict des urnes, il apparaît finalement beaucoup moins encombrant pour les électeurs que les forces de gauche ne l'avaient martelé durant la législature.

Le PDC rit. Il gagne mathématiquement. Replace huit élus dans un Conseil municipal qui compte quinze membres. Comme en 2004, l'UDC manque son entrée. Et à l'autre bout de l'échiquier politique, l'Alliance de gauche sanglote. Elle qui espérait de toutes ses forces décrocher un quatrième fauteuil. Très présente dans la vie sédunoise et au bénéfice d'une excellente campagne, elle se présentait plus unie que jamais. Verts et socialiste s'étaient cette année annexés l'appui du Parti chrétien-social. Il faut bien dire aussi que la perspective d'un quatrième siège alimentait encore très sérieusement les enthousiasmes hier jusqu'en début de soirée.

Les Verts en surnombre

Douche froide donc au terme des dépouillements, comme le confirmait, plus que désappointé, le conseiller communal vert en place Jean-Pascal Fournier: «On était uni alors qu'on disait les autres (le PDC) désunis. Ils sont extrêmement bien organisés, de façon quasi-militaire, ce qui fait qu'ils sont parvenus à mobiliser leur électorat. Nous n'avons pas renversé le PDC cette année. Je ne vois pas comment on pourrait le faire une autre fois...»

L'Alliance de gauche aura un autre dilemme encore à absorber à l'exécutif de la ville. Le Vert Christophe Clivaz, pas tout à fait novice en politique, non élu mais très remarqué lors des élections fédérales de 2007, entre au Conseil communal au détriment de la socialiste Jacqueline Fontannaz-Richard, ce qui fait des Verts une force surévaluée par rapport à leur poids électoral effectif à Sion. De quoi créer un certain embarras.

Pendant que l'Alliance de gauche soigne son haut-le-cœur, chez les voisins minoritaires au Conseil communal l'heure est plutôt à la jubilation. Libéraux et radicaux (deux sièges chacun à l'exécutif) qui faisaient également liste commune cette année et s'étaient bien fixé l'ambition de ravir le 8e siège PDC - de se le réapproprier plutôt puisque ces dernières législatures le fauteuil en question s'était invariablement baladé entre les partis bourgeois - ont semble-t-il manqué «d'un cheveu» le cinquième fauteuil, «à 80 suffrages près» soufflait-on hier à l'heure des décomptes.

De son côté, le libéral Marcel Maurer, qui n'avait pas caché son intention durant la campagne (LT du 8.09.08) de briguer le fauteuil de président de la Ville dans la course à la succession du PDC François Mudry, signe un résultat historique avec plus de 3000 suffrages soit à quelques centaines de voix du leader PDC. Réaction de l'heureux élu au moment de mesurer frontalement sa cote de popularité hier soir: «Les libéraux radicaux se profilent réellement comme la deuxième force politique de la capitale.» Dans ce contexte, et quand bien même la majorité absolue du PDC n'a pas été renversée, le rêve présidentiel n'est donc pas brisé. Décision aujourd'hui en assemblée.

Le PDC vivifié par ses luttes internes

Au terme de ces joutes électorales, où, pour la première fois trois blocs unis (PDC, Alliance de gauche et libéraux-radicaux) se mesuraient aussi nettement pour aller à la pêche aux voix, ce qui rend compte explicitement de la force sociale des partis en ville de Sion, reste à analyser le statu quo du PDC, surprenant jusque dans ses propres quartiers, visiblement: «C'est inespéré», commentait hier soir René Gex- Fabry, président de la section sédunoise du parti avant de se raviser: «Non... il est vrai qu'en renouvelant quatre membres sur la liste et des leaders, nous avions quelques doutes. En fait, nous ne pouvions pas espérer mieux.»

Quelle explication à cette confirmation démocrate-chrétienne, alors que la campagne pouvait laisser présager d'une certaine usure en ville de Sion? Un bilan politique positif, certainement. «Les PDC ont su octroyer des avantages fiscaux au bon moment», commentait un peu malicieusement un observateur.

Mais entre dans les arrière-salles des stamms de partis, hier, on attribuait aussi et surtout cette victoire à la bataille féroce entre deux candidats à la succession du président Mudry. L'un, Grégoire Dayer, pouvait compter sur le soutien des Hérensards de Sion. L'autre, Alfred Squaratti avait pour lui le vote des Haut-Valaisans sédunois. Le mélange des deux, c'est certain, allait apporter de nombreux coups de crayon de part et d'autre. L'annonce de ce duel aura, du coup, aussi amené du monde aux urnes. Les démocrates-chrétiens se réuniront ce soir pour désigner leur champion dans la course à la présidence.