Ils affirment n'avoir rien contre les homosexuels et leurs parades. Pourtant, les membres du Conseil exécutif de Sion ont préféré que les organisateurs de la Gay Pride oublient leur ville. «Nous avons estimé que notre population n'était certainement pas désireuse d'avoir ce genre de manifestation», s'est excusé vendredi François Mudry.

Le président de la capitale valaisanne craint également que cette célébration ne provoque «des débats violents et injurieux entre partisans et détracteurs de la cause homosexuelle par l'intermédiaire de la presse, comme cela avait été le cas dans le canton de Fribourg» avant la Gay Pride qui s'était déroulée en juillet 1999. Le fait que le Valais soit aussi un canton catholique a-t-il participé au «refus» de la municipalité? «Je ne peux pas dire ce que pensaient les membres du conseil lors du débat, répond François Mudry. Mais les questions religieuses n'ont jamais été abordées.»

Si les organisateurs de la manifestation persistent à vouloir maintenir leur fête pour le 7 juillet, le président de la commune a assuré «qu'aucune mesure ne sera prise pour les décourager». «Juridiquement, les autorités ne peuvent interdire la parade, alors elles nous demandent de partir», analyse Marianne Bruchez. La coordinatrice de la Gay Pride valaisanne se demande s'il est possible de concevoir une telle manifestation dans ce canton «plein de préjugés»: «Les gens ont-ils l'ouverture d'esprit nécessaire pour aller à la découverte de choses qu'ils ne connaissent pas?»

Une réaction partagée par Yves de Matteis. Pour le secrétaire romand de Pink Cross, association gay nationale, «il n'est pas étonnant que l'homosexualité soit encore incomprise en Valais, si l'on considère que, dans ce canton, le concubinage pour les hétérosexuels n'a été légalisé qu'en 1995. En réalité, cette décision est une gifle pour tous les homosexuels valaisans, qu'ils soient hommes ou femmes».

A «la tristesse», à «la déception» s'ajoutent encore de «l'incompréhension» pour Marianne Bruchez. «Nous ne sommes jamais partis en guerre contre la commune, mais avec elle et dans un esprit constructif. Nous avons toujours tenu compte de leurs remarques, d'ailleurs pertinentes.» Par conséquent, la coordinatrice de la manifestation s'interroge: «Ils veulent bien que l'on fasse la fête, mais de préférence ailleurs. A Turin, peut-être?»