Il y a déjà une fêlure dans la muraille. Le PDC résistera-t-il aux menaces qui pèsent sur sa majorité encombrante dans le chef-lieu valaisan? Conservera-t-il son huitième siège, tout d'abord? Et, effet collatéral à la première inconnue: le fauteuil présidentiel de François Mudry pourrait-il revenir à un minoritaire, pour la première fois? Le PDC fait fi de ne pas flairer le danger mais donne quelques signes de tension.

Alors que l'Alliance de gauche, notamment, militait pour une réduction des effectifs aux Conseil communal (exécutif), de quinze à neuf membres - voire carrément à cinq professionnels - (LT du 12.02.08), le parti majoritaire s'y est opposé de toutes ses forces, craignant apparemment de perdre des plumes au cours de la cure minceur.

Une réputation enviée par les villes voisines

Pour la première fois à Sion, trois fronts politiques nets iront à la pêche à l'électorat. L'Alliance de gauche (le Parti socialiste et les Verts) a été rejointe par le Parti chrétien-social. A l'autre extrémité, la mayonnaise libérale-radicale a pris. Après quelques hésitations dues à des spécificités locales, libéraux et radicaux ont finalement décidé de jouer liste commune. Les deux formations lorgnent sur le huitième siège PDC. Or, à Sion, le Parti démocrate-chrétien n'est pas un bloc uni comme peut l'être le Parti radical à Martigny. Il est une addition de forces politiques qui rendent son électorat très composite. Cela peut amener des divisions dans les urnes.

S'il est aujourd'hui aussi remercié pour la dynamique insufflée à la capitale sous sa large influence - ces dernières années, Sion s'est taillé une réputation de ville où il fait bon vivre, enviée par ses voisines - le parti majoritaire traîne aussi quelques casseroles. Depuis l'arrivée des F/A-18 dans le ciel valaisan, le dossier du «bruit des avions de combat» est de loin le plus embarrassant. Motif des tensions: l'impact du futur cadastre du bruit sur les zones à bâtir.

Des minoritaires reprochent par exemple au président François Mudry et au chef de la commission de l'édilité Alfred Squaratti, de continuer à délivrer des autorisations de bâtir sur des parcelles qui seront manifestement inconstructibles dans le nouveau plan de zones. Ce sera après les élections communales. Certaines interpellations faites devant le Conseil général ont débouché sur des argumentations vagues ou sans réponse. Au Conseil communal, la curiosité de certains minoritaires a aussi été étouffée.

La présidence convoitée

Bref, le PDC ne vit pas ses jours les plus éclatants à Sion, ce qui justifie quelques convoitises dans la course à la présidence. Au point que les deux papables PDC, Alfred Squaratti et Grégoire Dayer, qui divisent eux-mêmes au sein de leur propre famille, puissent en faire les frais? Au pied des châteaux, le libéral et très populaire Marcel Maurer (LT du 8.09.08), reste un outsider, mais son score le 12 octobre pourrait mettre le fauteuil de président à sa portée. A Sion, l'enjeu sur le siège est plus significatif encore qu'il est l'unique poste à plein temps des exécutifs valaisans. On attribue parfois au président de la capitale le poids d'un 6e conseiller d'Etat.