L'avenir se dégage pour «ch.ch», le portail internet commun de la Confédération, des cantons et des communes, au passé déjà lourd. En cinq ans, les ambitions de ses créateurs ont maigri, faisant passer le projet de guichet interactif à celui de simple portail d'information. Et, pourtant, le Conseil fédéral a chargé la Chancellerie fédérale de poursuivre l'aventure et de conclure de nouvelles collaborations avec les cantons pour développer ce site, qui devra à l'avenir s'imposer comme la vitrine officielle de la Suisse.

L'obstacle du fédéralisme

Cinq ans de travail et 18 millions de francs. Des critiques, des imperfections, des ambitions et des déconvenues. Créé en 2001, le portail commun des autorités fédérales, cantonales et communales avait déjà réduit sa voilure en 2004, suite au désengagement financier de nombreux cantons qui ne croyaient plus à la possibilité de rendre «ch.ch» interactif. Depuis, son sort restait suspendu aux lèvres gouvernementales.

Renouveler son passeport ou remplir un formulaire administratif en ligne: deux exemples de manipulations qui ne seront restées qu'au stade de projet et qui ont finalement cédé leur place à des descriptions de procédures à suivre, certes claires, mais inférieures aux ambitions d'un Etat qui voulait prendre une place de choix dans le classement européen de la cyberadministration. En 2005, la Suisse se retrouvait d'ailleurs en queue de peloton par rapport à ses voisins européens (20e sur 28e) dans ce domaine.

La structure fédéraliste du pays, le manque de volonté des cantons et des communes de s'investir pour une plate-forme commune et la priorité politique de deuxième ordre accordée à cette vitrine ont contribué à stopper les grandes envolées virtuelles de la Chancellerie fédérale.

Contraints et résolus à redimensionner leurs prétentions, Berne et les cantons, qui se partagent le financement annuel de 2,4 millions de francs, vont donc désormais s'employer à compléter et étendre l'offre de «ch.ch». Développé depuis quelques mois en synergie avec le site de l'administration fédérale, le site internet offrira une grande variété d'annuaires, d'informations et de conseils pour les privés, les autorités, les entreprises ou encore les touristes. Et tout cela dans les quatre langues nationales et en anglais.

Reste pour la Confédération à faire de la publicité pour cet outil auquel elle n'a pas voulu renoncer. Car, il y a une année, seuls 6% des Suisses connaissaient «ch.ch». Une adresse facile à mémoriser, mais sans doute victime d'une image trop négative jusqu'à maintenant.