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Florian Fischbacher aux manettes du site, vendredi 16 mars à Lausanne.
© Catherine Rüttimann / Le Temps

20 ans

Le site Internet du «Temps», des pionniers à la maturité

«Le Temps» était sur le web dès ses débuts en 1998. En vingt ans, tout a changé et le site a connu des moments très agités. Rétrospective

Cette année, Le Temps fête ses 20 ans. Né le 18 mars 1998, il est issu de la fusion du Journal de Genève et Gazette de Lausanne et du Nouveau quotidien. Nous saisissons l’occasion de cet anniversaire pour revenir sur ces 20 années, et imaginer quelques grandes pistes pour les 20 suivantes.


C’est un Temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, accompagné du cri strident du modem qui s’allume… Do, mi… ♪♫

Le Temps a toujours existé sur le Web. Une version électronique a même précédé le papier puisque la rédaction avait lancé «Au fil du temps» bien avant le 18 mars 1998, un blog où étaient partagées les coulisses de la naissance du futur journal, se rappellent Gabriel Sigrist et Pierre Grosjean, les deux journalistes de la rubrique Communication qui ont été les premiers responsables du site web.

«Une ligne claire»

«L’approche a tout de suite été celle d’une ligne claire, avec des contenus hiérarchisés, fonctionnels, très lisibles, sans gadgets.» C’est la graphiste Sylvie Wavre qui a imaginé le premier vrai design du site un peu plus d’une année après son lancement, à la suite d’un appel d’offres. Tous les articles signés ont tout de suite été disponibles sur le site, gratuitement.

«Ce n’était pas évident de mettre tout le journal sur le Web, à l’époque tout le monde n’était pas convaincu», racontent avec un brin de nostalgie les deux actuels directeurs de l’agence LargeNetwork. Chappatte aussi était là dès le départ – souvenir de ses dessins qui s’affichaient ligne par ligne, au rythme des connexions de l’époque, lentes…

A l'époque, un forum de discussions

Le journal était «versé» (c’était du copier-coller à l’époque) sur le Web le soir par des étudiants – ce qui est encore en partie le cas en 2018. Seuls contenus exclusivement numériques de l’époque: la Maison des parents, une série de contenus liés à l’éducation, et un forum où les internautes pouvaient discuter et poser des questions. Pas de photos, encore moins de vidéos, le site paraîtrait bien austère aujourd’hui. Il ne disposait d’ailleurs pas de grands moyens financiers, même si la conscience de l’importance du numérique a été immédiate.

Gaël Hurlimann, l’actuel rédacteur en chef numérique du Temps, faisait aussi partie des pionniers. A l’époque webmaster, il est à l’origine avec Michael Lapaire, aujourd’hui à la RTS, de la mouture 2002 de Letemps.ch, qui marque la fin du tout-gratuit et le début du paiement obligatoire pour certains contenus, l’arrivée de la photo et de nombreux contenus pur Web – une revue de presse internationale, des chroniques réalisées par les correspondants, et la version PDF du journal, encore aujourd’hui un des produits les plus appréciés du site.

Un sauvetage en urgence

Parmi ses souvenirs, le rocambolesque sauvetage du serveur du site, un simple ordinateur récupéré en catastrophe un week-end dans les entrailles d’une haute école valaisanne qui venait de faire faillite et hébergeait Letemps.ch, des étudiants verseurs qui arrivaient en rollers, et du Web collaboratif avant l’heure à l’occasion de la Coupe du monde de football en 2002, quand le «ticker» des résultats était alimenté par toute la rédaction…

«C’est de cette époque que date notre partenariat avec Le Monde, se rappelle Michael Lapaire, et la création d’un poste spécifique pour l’actualisation du site en continu. Mais on était encore parfois confondu avec le service informatique, il fallait évangéliser…»

Le dilemme du paywall

Le site enregistre alors 2,5 millions de pages vues par mois, un pic historique de 6 millions étant atteint en mai 2007: Letemps.ch annonce l’élection de Nicolas Sarkozy quand les médias français doivent attendre 20h pour donner les premières tendances…

Les années suivantes sont marquées par l’unification des rédactions print et web en 2009, le lancement d’une webapplication, la certification ISO de l'entreprise en 2010 – une garantie de qualité et presque une première mondiale – et la mise en place d’un système de gestion numérique des abonnés, indispensable pour instaurer un paywall (système de paiement) strict, avec enregistrement obligatoire. C’est chose faite en janvier 2011.

«Pas grand-monde à la rédaction soutenait ce passage au tout-payant, reconnaît aujourd’hui Virginie Fortun, membre de la direction en charge du développement stratégique, aujourd’hui aux SIG. Il fallait du courage, nous avions l'appui total de la directrice générale Valérie Boagno, car notre vision était cohérente, nous voulions défendre la qualité de l’information, qui coûte cher à produire.» L’audience chute, mais le message est clair: les internautes n’auront plus gratuitement ce que les abonnés au papier paient pour lire.

La dernière grande refonte du site date de 2015, après le rachat du Temps par le groupe Ringier. Le paywall est devenu moins rigide, le site s’est ouvert aux réseaux sociaux et Letemps.ch propose aujourd’hui, en plus de tous ses articles maison, une grande quantité de contenus originaux pour le Web – vidéos, grands formats, rencontres avec des spécialistes, concerts à suivre en direct… L’équipe de la «Digital Factory» compte aujourd’hui une quinzaine de personnes. Début 2018, le site dénombre plus de 7 millions de pages vues et presque 4 millions de visites par mois.

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