Le procureur fédéral Carlo Bulletti a requis contre Hervé Falciani une peine de prison de six ans ferme, sous déduction de 171 jours de détention préventive. Le Ministère public a demandé à la cour de retenir l’espionnage économique aggravé au vu de l’ampleur des données rendues accessibles à des services étrangers, du fait que l’accusé continue encore aujourd’hui à les exploiter et des conséquences qui en ont résulté pour la Suisse.

Le procureur a dénié à Hervé Falciani toute qualité de lanceur d’alerte. Revenant sur les premières démarches entreprises par l’accusé pour tenter de valoriser ses informations auprès de banques à l’étranger, Carlo Bulletti s’est exclamé: «Whistleblower? Si seulement!». Il n’y a «pas l’ombre du lancement d’une alerte dans le dossier» et le comportement de Falciani est «un affront pour tous ceux qui ont pris des risques» en dénonçant des dysfonctionnements. 

«Comme dans un supermarché»

Après le procureur, l'avocat de la défense, Me Marc Henzelin, a demandé pour Hervé Falciani une peine «compatible avec le sursis». «On est un train de juger une affaire d'arrière-garde», a souligné l'avocat au moment de plaider pour son client absent et avec lequel il n'a plus de contact, a-t-il reconnu.

Selon le défenseur, ce n'est pas seulement l'ex-informaticien de HSBC que la cour doit juger. Elle doit aussi veiller à ce qu'on ne dise pas, dans dix ans, que la justice suisse n'a pas senti le vent de l'histoire, la Suisse étant en train d'abandonner le secret bancaire. Hervé Falciani a pu agir parce que les contrôles au sein de la banque étaient gravement déficients. La Finma l'a reconnu dans un rapport accablant. Les données qu'Hervé Falciani a recopiées étaient disponibles «comme dans un supermarché». La sécurité informatique, «c'étaient des guignols!», a lancé Me Henzelin.