Une «avancée historique», fanfaronnent les six ministres de l’Economie des cantons de Genève, Vaud, Fribourg, Neuchâtel, du Valais et de Berne. Ils ont fusionné trois structures de promotion économique exogène, le Dews qui liait Neuchâtel, Vaud et le Valais, le binôme Genève-Fribourg et l’organisation du canton de Berne, pour donner naissance, ce jeudi à la Maison des cantons à Berne, à «Greater Geneva Berne Area», GGBA. Un idiome qui fait écho à «Greater Zurich Area» et «Basel Area», les deux autres organisations intercantonales de promotion exogène.

Objectif de l’alliance à six cantons: «promouvoir une image commune à la Suisse occidentale à l’étranger». C’était déjà l’objectif du Dews, mais ne le rappelez pas aux ministres de l’Economie, qui entendent tirer un trait définitif sur cette alliance initiée en 2002 par Neuchâtel et Vaud, par Bernard Soguel et Jacqueline Maurer, avec comme patron Francis Sermet. Ces gens se sont retirés. Et les multiples problèmes qu’a connus le Dews, avérés ou montés en épingle, appartiennent à l’histoire. L’avenir, c’est GGBA, avec un axe original et a priori improbable Berne-Genève. Et deux fortes personnalités, le Genevois Pierre-François Unger et le Bernois Andreas Rickenbacher.

«Greater Geneva Berne Area» dispose d’un réseau de démarcheurs à l’étranger, «intégrant les éléments les plus performants des trois modèles existants». Les acquisitions seront proposées aux cantons partenaires. «Les cantons conservent cependant une indépendance totale dans la conduite stratégique et la gestion opérationnelle de leurs structures d’implantations cantonales», précise le président de l’alliance économique de Suisse occidentale, Pierre-François Unger.

La promotion exogène sera focalisée sur trois marchés prioritaires, les Etats-Unis, la France et l’Allemagne. Cinq autres marchés, considérés comme «résolument en devenir», sont également couverts: l’Italie, l’Inde, la Chine, le Brésil et la Russie.

Le budget à disposition de GGBA, modeste, est fixé à 4,13 millions de francs. Le siège est établi à Lausanne, avec une «structure légère». Les cantons se sont engagés pour trois ans au moins. La répartition financière entre eux est établie sur la base «d’une analyse des facteurs d’attractivité territoriaux».

Le Jura a renoncé à intégrer «Greater Geneva Berne Area». Il a dû choisir entre l’organe de Suisse occidentale et son voisin géographique bâlois. Déçu de son expérience avec feu le Dews, il a opté pour Basel Area.